Jeudi 21 avril 2016

Semaine des vocations. « L’appel de Dieu est une adrénaline silencieuse »

Dans le cadre de la Semaine des vocations intitulée « Appelés au bonheur », le Père Mickaël Levacher et Sœur Anne-Marie sont intervenus lundi après-midi au Pôle Sup’ de l’établissement scolaire Marie Balavenne, à Saint-Brieuc. Cette rencontre fut l’occasion pour les étudiants de poser leurs questions sur ce qu’est l’engagement religieux.

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Soeur Anne-Marie et Père Levacher

« Nous sommes venus ici témoigner de ce qui nous rend heureux » , explique le Père Levacher, prêtre en mission depuis huit ans à Saint-Brieuc. Entre regards interrogateurs et sourires gênés, ce dernier a préféré renverser la discussion et leur demander directement ce qui les rendait heureux au quotidien : « réussir ses études » , « avoir un métier intéressant », « avoir des amis » ou « fonder une famille » sont les réponses données en grande majorité par les étudiants. Puis, Sœur Anne-Marie a pris la parole afin de raconter comment elle fut appelée. « J’étais en classe de quatrième, j’avais 14 ans. C’était durant un temps de prière, j’ai senti quelque chose se passer en moi. J’ai alors rencontré un prêtre qui m’a conseillé de terminer ma scolarité avant de m’engager. Jamais il m’a dit que ce que je lui racontais était idiot » , explique-t-elle. Malgré son envie à 14 ans de répondre à l’appel de Dieu, Sœur Anne-Marie ne se sentait pas prête. Sur les conseils de ce prêtre, elle entreprit des études et devint secrétaire trilingue, activité qui la rendit « très heureuse » . « Vers 24 ans, au cours d’un week-end à l’abbaye Notre-Dame de Timadeuc (Morbihan) auprès de moines cisterciens, je me suis dit que la vocation religieuse était vraiment faite pour moi… même si je n’avais pas très envie de l’entendre » , sourit-elle. « J’avais alors le désir de me marier, d’avoir des enfants ! ». Finalement, Sœur Anne-Marie répondit à l’appel de Dieu, sûre de son choix et de ses convictions. « J’ai su que Jésus-Christ pouvait conduire ma vie ». C’est ainsi qu’elle a intégré la communauté des Augustines de Gouarec en 1989 et en est aujourd’hui la prieure.

Un engagement mûrement réfléchi

Quant au Père Levacher, celui-ci était en Prépa section génie civil quand il a reçu l’appel de Dieu. « J’avais 19 ans et je me suis demandé ce que je voulais faire de ma vie. A la fin de mes études, j’ai fait un break d’une année à l’école de la foi. J’ai pris le temps de me former et de réfléchir sur les grandes questions de la vie ». Puis, s’en suivirent deux années en coopération au Burkina Faso. Originaire de Bretagne, cette expérience à l’étranger fut, pour lui, enrichissante. « Ça m’a totalement changé ! Je me suis rendu compte que je partageais la foi chrétienne avec les prêtres missionnaires sur place. Le plus important pour moi était à présent de vivre l’essentiel » . Une question est revenue à plusieurs reprises durant cet après-midi de rencontre avec les jeunes : « Est-ce que vous vous sentez prisonniers ? » . « Dieu est respectueux de ma liberté. Si j’avais senti qu’Il m’enfermait, j’aurais fui » , a assuré le Père Levacher. Ce dernier le répète, entrer dans les ordres n’a pas été fait sur « un coup de tête » . Lorsqu’il était encore en mission au Burkina Faso, le Père Levacher a écrit une longue lettre à ses parents. « Cela m’a permis de poser mes idées. En me voyant avancer avec confiance, ils m’ont vu heureux. Répondre à l’appel de Dieu a donné un sens à ma vie », souligne-t-il. En acceptant cet appel, le Père Levacher s’est soumis à différents engagements, notamment celui de ne pas se marier, aspect qui a fait réagir de nombreux étudiants. « Je savais que je serai un homme célibataire. Oui, je suis très heureux de retrouver mes neveux et nièces mais donner le sacrement du baptême ou celui du mariage sont des joies qui me nourrissent profondément » , a-t-il répondu.

Etre religieux au quotidien

Les jeunes ont également voulu connaître leur vie au quotidien, d’un point de vue « pratique » . A-t-on le droit de voir sa famille et d’avoir des amis à l’extérieur ? Les prêtres et religieuses reçoivent-ils un salaire ? Oui, une vie sociale est possible en-dehors de la communauté, et fort heureusement comme en témoignent le Père Levacher et Sœur Anne-Marie, mais les questions d’argent restent très réglementées. « Nous touchons tous la même rémunération, que cela soit notre première ou notre dixième année de prêtrise ; l’essentiel étant de percevoir ce qu’il nous faut pour vivre décemment », a expliqué le Père Levacher. « Dans la vie religieuse, nous devons faire trois vœux : de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. On cherche ce qu’il y a de mieux pour l’ensemble de la communauté » , a rajouté Sœur Anne-Marie. « Chaque matin, je renouvelle mon “oui” au Seigneur en toute liberté. Même s’il y a des moments plus durs, cela n’enlève en rien à ma joie d’être religieuse ». Nathan, quant à lui, s’est demandé s’il était possible d’évoluer dans la hiérarchie, si cela intéressait le Père Levacher de devenir un jour évêque. « Le Christ a dit qu’il n’était pas venu pour être servi mais pour nous servir. Je ne suis pas à mon compte à essayer de faire grossir, par tous les moyens, la communauté religieuse. Dans l’Eglise, il n’y a pas de carriérisme » . En guise de conclusion à l’intervention du Père Levacher et de Sœur Anne-Marie, un petit film a été diffusé aux étudiants. « L’appel de Dieu est une adrénaline silencieuse : qui nous appelle et pourquoi ? » . Il a été rappelé que cet appel peut prendre une multitude de formes et que chacun peut y répondre de mille façons différentes.

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