Les fêtes juives
Lundi 14 janvier 2013 — Dernier ajout dimanche 13 janvier 2013

Simha Torah et Hanoucca

Émission du 24 décembre 2012

SIMHA TORAH

Ainsi est donc finie la fête de Souccot et sont terminées toutes les fêtes d’automne ?

Oui mais Non ! Car on n’ pas encore parlé du grand jour de fête de Simra Torah : dernier jour de Souccot où la joie explose littéralement. Ce jour-là, on sort les rouleaux de la Torah contenus dans l’Aaron kodech, l’Arche Sainte qui est dans chaque synagogue.

Habituellement, le rouleau de la Torah n’est sorti que pour les lectures du chabbat et autres temps forts. Il est alors posé sur le pupitre de lecture : la bimah. Alors que, ce jour-là, tous les rouleaux de la Torah contenus la Aron Kodesh, (l’Arche Sainte), vont passer de mains en mains et chacun les soulèvera au-dessus de sa tête faisant référence à la protection de Dieu. De plus, de façon tout à fait exceptionnelle, ils vont, en Israël franchir les portes de la synagogue portés par des hommes qui feront sept fois le tour de la synagogue, (dans les autres pays on fera sept fois le tour de la bimah à l’intérieur de la synagogue). Ensuite, tout le monde se dirigera vers des places, où les orchestres attendent et où certains danseront avec les rouleaux dans les bras pour montrer le lien très étroit qui unit l’homme et la Torah, et la joie que cela procure. Les autres participants feront des rondes autour d’eux. Particulièrement, pour ce jour, sont rassemblés à Jérusalem des juifs venant de régions différentes, Hassidiques, Kurdes, Yéménites, et autres qui danseront et chanteront des airs propres à leurs pays et traditions. Il y aura aussi sept processions avec les rouleaux de la Torah dans les rues de Jérusalem. Tout cela rappelle aussi le psaume 133,1 qui chante « Combien il est bon et il est doux de vivre comme des frères » Cette joie débordante est due, à la fois au soulagement d’être, on l’espère, à nouveau inscrit dans le Grand Livre de la Vie, mais elle exprime aussi la joie d’avoir reçu de Dieu la Torah qui est le guide essentiel contenant, les prescriptions divines révélatrices du souci, du soutien, de la protection et de l’amour que Dieu porte aux hommes, rappelé et vécu concrètement dans les rites des fêtes d’automne. Souccot est loin d’être du folklore comme on pourrait le penser dans un regard tout à fait extérieur. Elle est un véritable itinéraire spirituel et plein d’enseignements pour exprimer et intérioriser la confiance reçue et offerte entre Dieu et son peuple. Ceci est d’autant plus riche que cette relation est vécue en communauté de façon festive pour commencer une nouvelle année.

HANOUCCA

Nous allons aujourd’hui évoquer Hanouccah (= dédicace) qui est la fête l’inauguration ou celle de la dédicace elle est aussi appelée fête des lumières.

Une fête des lumières en plein cœur de l’hiver ! Cela nous fait penser à notre fête de Noël. Y a –t-il un lien ?

Non, il n’y a aucun lien, sinon sa situation dans le temps car Hanoucca se fête le 25 Kislev qui se situe de façon générale en décembre ou en début Janvier (en 2012 : le 8-9 décembre). Hanoucca fait partie des fêtes dites mineures, c’est à dire que ce n’est pas une fête de pèlerinage, et a un caractère familial. C’est une fête pour commémorer un événement historique et en même temps religieux.

A quoi correspond donc cette fête ?

Vous savez que la terre promise a été le lieu de bien des conquêtes par des empires voisins plus puissants. Après son installation en terre Promise, suite à la sortie d’Égypte, et les 40 ans passées dans le désert, le peuple juif a subi des dominations successives (par les égyptiens, les assyriens, les perses, les grecs, et enfin les romains) ; chacune de ces dominations a imposé un certain nombre de lois, plus ou moins restrictives par rapport aux pratiques religieuses propres aux juifs. Nous n’entrerons pas dans le détails de cette histoire, bien souvent troublée, où le peuple juif, au milieu de toutes ses tribulations (exil, domination et autres), tenait cependant à maintenir coûte que coûte son identité, par toutes les pratiques qui la définissent (circoncision, bar mitsvah, lois alimentaires etc..). Celle-ci reposait sur la fidélité au Dieu unique dont la chéhinah (la présence) était située dans le Saint des Saints du Temple bâti à Jérusalem. Il tenait aussi à suivre toutes les lois, données par Dieu, au long de son histoire et au mont Sinaï.

Pourquoi ce préambule historique pour parler d’une fête religieuse ? Vous savez donc que la terre promise a été le lieu de bien des conquêtes par des empires voisins plus puissants. C’est justement parce que cette fête va se situer dans un contexte historique particulier lors d’une de ces dominations : celle des Grecs. En 332 avant JC, Alexandre le Grand conquiert la Judée, la Samarie et la Galilée. Les premiers temps de cette domination sont assez calmes. Mais, un courant grec, celui des Séleucides, va régner sur ces contrées et sous le règne d’Antiochus IV en 167 av JC, des lois sont alors prises à l’encontre du culte juif et de ses pratiques qui deviennent interdites. Le Temple est profané et dédié à Zeus Olympien, provoquant la révolte des juifs sous la conduite du Grand Prêtre Mattathias, chef de la famille des Hasmonéens. En 166 av JC, son fils Judah, appelé Judah Macchabée, lui succède et continue avec ses quatre frères cette révolte jusqu’à la victoire sur les Séleucides. La Bible juive ne contient pas dans son canon les livres des Maccabées parce qu’ils ont été écrits en grec, par contre ils font partie du canon de l’Ancien Testament chrétien (sauf pour les protestants). Ils sont appelés textes deutérocanoniques. Ainsi le plus grand récit sur cette révolte des Maccabées ne peut être connu des juifs qu’en allant consulter les Écritures Chrétiennes. La séquence de la reconquête du Temple est racontée dans 1 M 4, 36-61 et 2 M 10, 1-8. Le Temple est reconquis et en 164 av JC ; on procède le 25 Kislev à la purification des profanations qu’il avait subies. Armand Abécassis dans son livre « Les temps du partage » souligne que cette date du 25 Kislev n’est pas fortuite car il y a coïncidence entre la fête de Hanoucca (fête des lumières) et le solstice d’hiver (période où les nuits sont les plus longues de l’année et où les jours sont les plus courts). Ajoutons que c’est la période que les chrétiens ont choisie pour annoncer la descente de la lumière dans le monde : le 25 Décembre, décalqué du 25 Kislev. Il s’agit ici (nous dit toujours Armand Abécassis) "du thème messianique de la délivrance, du combat entre la lumière et l’obscurité que le monde physique comme le monde humain mènent. Il s’agit, du fond même de l’obscurité et de sa victoire apparente, de faire éclater la lumière et de se convaincre, avec les autres qu’à nouveau la lumière brillera, que déjà, dans l’obscurité même, les fils de lumière trouvent l’occasion de leur triomphe". C’est donc à un événement, celui du miracle de la fiole d’huile, que se réfère la fête de Hanoucca (qui n’est pas évoquée dans la bible) En effet, pour que le Temple soit purifié, il faut, entre autre, rallumer le chandelier à sept branches, la Ménorah, qui se trouve dans la partie du Temple appelée « le Saint ». La Ménorah est un chandelier dont la construction et la décoration ont été décrites avec minutie par Dieu à Moïse ; voir Ex 25, 31-40 repris en Ex 37,17-24. Il est dit en Ex 25 « (31) Puis tu feras un chandelier en or pur. Le chandelier sera forgé ; sa base et sa tige, ses coupes, ses boutons et ses fleurs feront corps avec lui…. (36)Boutons et branches feront corps avec lui, qui sera tout entier forgé d’une seule pièce, en or pur. (37)Tu lui feras des lampes, au nombre de sept ; on allumera les lampes de manière à éclairer l’espace qui est devant lui. » Dans le dernier verset du chapitre une précision nous intéresse : tout particulièrement. « Tu lui feras des lampes au nombre de sept ; on allumera de manière à éclairer l’espace qui est devant lui. Ses pincettes et ses bobèches seront en or pur. » En Nombre 4, 9, il est question de l’huile pour allumer les sept « lampes ».

C’est cette huile, dans le cadre de cette pratique rituelle, qui va être à l’origine d’un miracle. En effet, il s’agissait d’une huile très pure réservée à l’usage du chandelier du Temple, la Ménorah dont les sept branches rappellent les sept jours de la création, et la lumière de ce chandelier devait durer sans aucune interruption. Or, après la profanation du Temple par les Grecs, on ne retrouva plus qu’une fiole d’huile qui ne pouvait pas suffire pour les sept jours. Et, à la grande surprise des prêtres, cette huile-là resta allumée huit jours : le temps qui fut nécessaire pour refaire suffisamment d’huile afin que la lumière ne s’éteigne jamais, car elle symbolise la continuité de la présence divine : la Cherinah. Cet événement a été considéré par le peuple juif comme un grand miracle, un signe de Dieu, qui sera fêté de générations en générations. Cette fête évoque donc deux aspects :

  • la joie du peuple juif qui réinvestit le Temple, après la victoire des Maccabées sur les séleucides) et qui l’inaugure (ou en fait la dédicace) ;
  • le miracle de la fiole unique qui a duré huit jours : d’où son nom de « fête des lumières ». Voilà donc l’origine de la Fête de Hanoucca. Au-delà du miracle qui la fonde, elle permettra plus tard d’y associer tous les autres avatars du Temple de Jérusalem et en particulier de ses destructions, en 587 avant JC, pour le premier Temple, et en 70 après JC, en ce qui concerne le second Temple. En tant que chrétienne, je ne peux pas m’empêcher d’évoquer, la petite lumière permanente qui, dans chaque église, signale le lieu de la présence de Dieu dans les tabernacles. Et ceci dans chacune des églises ou chapelles à travers le monde. Est-elle, à elle seule, « hanoukiah » (ensemble des lumières de Hanoucca) : témoignage d’un miracle (celui de la mort et résurrection du Christ) ? ou bien est-elle « Ménorah » : lumière qui indique la présence divine ?

Il y a aussi une lumière perpétuelle dans les synagogues. Elle a sans doute le même sens que celle de la ménorah ?

Oui dans de nombreuses synagogues cette lumière appelée « Ner Tamid », allumée en permanence, est située au-dessus de l’Arche. Elle évoque les flammes perpétuelles qui brûlaient sur la Ménorah dans le Saint Temple de Jérusalem, dont nous venons de parler. Elle est également symbole de la présence immuable de Dieu et de la foi indéfectible des juifs en Lui.

Comment fête-t-on Hanoucca aujourd’hui ? Hanoucca dure huit jours, rappelant les huit jours de lumière miraculeusement dispensée grâce à la seule fiole, prévue normalement pour une seule journée. Chaque famille dispose d’un chandelier particulier appelé la Hanoukiah : elle dispose de huit petites lampes formant un seul ensemble. La Hanoukiah est alimentée soit par de l’huile ou par des petites bougies. Il y a une autre petite lampe, la 9e, complètement séparée des autres , elle s’appelle le chamach elle sert à allumer les huit autres et elle peut s’éteindre ; mais elle sert exclusivement à l’allumage de la Hanoukiah. Toutes les flammes de la hanoukiah n’ont qu’une fonction : être allumées (au moins 30 minutes).

La hanoukiah a huit lampes. Elle est donc à différencier de la Ménorah, le chandelier du Temple, qui lui, ne comporte que sept branches. Cette différence entre 7 et 8 est importante car elle révèle grand nombre de significations car, pour les rabbins - le chiffre 7 symbolise la création, il est le signe de ce monde-ci ; - le 8, par conséquence, signifie le monde à venir, donc les temps messianiques. Armand Abécassis dit : « En décidant, malgré les 7 branches de la ménorah, que le rite ajouterait une huitième lumière à l’évènement, et prolongerait la fête de Hanoucca d’un jour, ils proclamaient la nature messianique de la fête. Le passage du 7 au 8 est celui de l’être au devoir-être, il ne peut se faire naturellement, mais surnaturellement. Il constitue une véritable mutation » Plus loin il ajoute : « Il faut peut-être chercher ici la raison pour laquelle les chrétiens ont arraché sa dignité au chabbat et on fait du lendemain -Dimanche- le jour de l’oint (le Christ), déjà arrivé depuis 20 siècles ». Dès la création, au 7e jour, Dieu se retire de l’acte de créer pour, nous dit le texte en hébreu, que l’homme fasse. Or l’humanité est encore dans ce 7e jour car pour lui, le seul à être sanctifié par Dieu. Dans le christianisme, en raison de l’incarnation de Dieu en Christ, nous avons franchi la limite du 7e jour pour entrer dans le 8e et commencer, avec le Christ, l’œuvre messianique à bâtir jusqu’à l’avènement de la fin des temps

La hanoukiah est allumée tous les jours soit par un des membres de la famille, soit à tour de rôle. Une bougie de plus par jour et chaque allumage s’accompagne de prières et de chants à la fin de l’allumage.

Primitivement, on mettait la hanoukiah en évidence au seuil de la maison ou derrière une fenêtre qui donne sur la rue pour qu’elle soit vue par les passants. Mais les périodes de persécutions des juifs n’ont plus permis cette marque extérieure de la fête. Au Portugal dans certains villages et familles, demeure un allumage des bougies derrières les fenêtres fermées, de façon à ce que ce ne soit pas visible de la rue. Ceci est considéré comme un héritage des maranes, juifs convertis de force pendant les persécutions du Moyen Age, et qui se cachaient pour continuer à vivre leurs traditions.

Les bougies de chabbat sont allumées par la maitresse de maison, à Hanoucca, tout le monde participe !?

Oui, mais c’est principalement un homme qui allume les lumières de Hanoucca, cela peut aussi être fait par les autres membres de la famille, et par les femmes aussi. En plus, pendant ces huit jours, les femmes sont dispensées de tâches ménagères tant que les bougies restent allumées. Dans certaines communautés, hanoucca est une période où les femmes se réunissent ensemble pour chanter et danser ou pour se réconcilier, s’il y a eu mésentente entre elles.

Pendant cette fête, en Europe centrale, les élèves pauvres des yéchivot (écoles juives) faisaient le tour des maisons en chantant pour récupérer de l’huile et de la farine et autres nourritures de base pour se nourrir. Dans les communautés séfarades, on offrait un festin aux pauvres ou certains allaient quêter de la nourriture de maison en maison.

Y a-t-il aussi des cadeaux pour les enfants à Hanoucca ?

Oui, on offre des petits cadeaux aux enfants lors de l’allumage des bougies, mais ce n’est pas comparable par leur quantité ou importance aux actuels cadeaux de Noël. Une autre coutume existe aussi pour cette fête : on offre aux enfants des toupies sur lesquelles sont inscrites 4 lettres. Ces lettres correspondent aux initiales des mots en hébreu : « Nes Gadol Hayah Sham », qui signifient : « un grand miracle est arrivé là ». On y joue à la maison en famille, alors que la hanoukiah est allumée. Il s’agit d’un jeu de hasard (un peu comme un jeu de dés). Ce jeu de la toupie vient rappeler ce temps où l’occupation grecque avait interdit aux juifs leurs pratiques religieuses. Le jeu des enfants, avec cette toupie, ne comportait pas de sens pour les occupants, mais il représentait une forme de résistance, de transgression à l’égard des interdits du pouvoir grec.

Puisque pour toutes les fêtes juives il y a des particularités au niveau de la nourriture, que se passe-t-il pour Hanoucca ?

Il n’y a pas de repas particulièrement festif sauf le dernier jour de Hanoucca, mais on a coutume de mettre l’huile à l’honneur : donc beaucoup d’aliments frits, en particulier des beignets que l’on mange après l’allumage des bougies. On utilise aussi beaucoup les laitages en souvenir de Judith, femme courageuse qui a tué en rusant, le général Holopherne, chef des troupes ennemies. On peut comprendre que l’huile, qui est la source du miracle, soit un aliment prisé lors de cette fête. L’huile est un élément qui a des caractéristiques particulières Elle peut pénétrer dans certaines matière : ainsi elle représente l’Esprit de Dieu qui nous pénètre. Elle brûle et donne de la lumière qui symbolise la lumière divine. Elle est aussi l’image du peuple juif qui veut garder sa nature propre et qui ne se laisse pas pénétrer facilement par d’autres cultures ou civilisations. Pour toutes ces raisons l’huile est préférée à d’autres sources de lumière pour la Ménorah et pour les lumières de la Hanoukiah.

En effet, l’huile est aussi pour nous chrétiens très symbolique ?!

Déjà dans la première alliance, une huile spéciale est utilisée pour des onctions et particulièrement pour la consécration d’un roi. Pour le premier roi oint (messianisé) en 1 Samuel 10,1 et 9, il est dit : « Samuel prit la fiole d’huile, la versa sur la tête de Saül, et l’embrassa. Il dit : "Est-ce que ce n’est pas le Seigneur qui t’a oint comme chef de son héritage ?Dès que Saül se fut retourné en quittant Samuel, Dieu lui changea le cœur et tous ces signes lui arrivèrent ce jour là. » Il s’agit des signes prédits par le prophète Samuel après l’onction. Dans le catholicisme, une huile parfumée, le Saint Chrême est utilisée pour oindre lors de certains sacrements (baptême – confirmation – ordination) mais aussi dans d’autres circonstances comme par exemple pour l’onction des malades. Cette huile est préparée une fois par an dans la Semaine Sainte qui précède Pâques, lors d’une cérémonie particulière qui rassemble les prêtres d’un diocèse et à laquelle sont invités les catholiques du diocèse. L’huile consacrée est distribuée pour son utilisation dans les différentes paroisses.Voici une partie de la bénédiction lue pour la consécration du Saint Chrême :« Ainsi nous t’en supplions, Seigneur, par la puissance de ta grâce que ce mélange d’huile et de parfum, devienne, pour nous, le sacrement de ta bénédiction ; répands largement les dons du Saint Esprit, sur nos frères que cette onction va imprégner ».

Hanoucca est une fête qui évoque de nombreuses significations !

Oui, et en conclusion on peut mettre l’accent sur une interprétation plus générale. Car cette fête de Hanoucca signifie le triomphe des forces spirituelles sur les forces de l’ombre, comme l’a proclamé le prophète Zaccharie 4,6b : « Ni par la bravoure, ni par la violence, mais bien par mon esprit, dit le Seigneur tout puissant » Par extension, on peut y voir également la victoire des faibles sur les forts, des peu nombreux sur les nombreux (lutte des Maccabées contre les troupes royales), des purs sur les impurs (les juifs pratiquants sur les païens)… Ernest Gugenheim va encore plus loin, dans son livre « Le Judaïsme dans la vie quotidienne » : « L’allumage des lumières, huit soirs durant, symbolise aussi la victoire de l’esprit sur la force brutale, du judaïsme sur le paganisme, image de l’âme d’Israël et de sa pérennité. »

Mais quelle sorte de prière est dite lors de l’allumage de ces bougies ?

C’est une bénédiction. Je peux vous lire celle que j’ai relevée : qui est la bénédiction d’usage lors de l’allumage de la première bougie. « Ces lumières, nous les allumons en souvenir des miracles, des victoires et des hauts faits dont Tu as favorisé nos pères par l’intermédiaire de tes Prêtres Saints ; tous les huit jours de Hanoucca, ces lumières sont saintes ; nous n’avons pas le droit de nous en servir, mais seulement de les contempler, afin de rendre grâce à ton Nom pour Tes miracles, Ton secours et Tes actes merveilleux ».

Ces lumières, qui doivent aussi être contemplées pendant le temps où elles brûlent, invitant aussi à la louange de Dieu comme nous le rappelle Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France : « Penchons-nous maintenant sur un autre point important du rituel de Hanoucca : l’injonction de contempler les lumières. … Car une beauté qui se dévoile dans l’attitude contemplative : temps de lenteur et d’arrêt, temps d’attention recueillie, laquelle fait éclore en nous un sentiment de gratitude ».