Samedi 10 septembre 2016

Troisième jour à Lourdes : « Donne ce que tu es et pas seulement ce que tu as »

Le matin, les pèlerins du diocèse de Saint-Brieuc ont participé à une messe à la grotte présidée par Mgr Denis Moutel ; messe qui a été retransmise en direct sur la radio RCF Côtes d’Armor. L’après-midi fut consacré notamment au sacrement des malades à la Basilique Saint-Pie X, un moment intense pour les pèlerins concernés et les hospitaliers présents.

Célébration eucharistique

Les Costamoricains étaient nombreux à se rendre à la messe, ce vendredi 09 septembre à la grotte. « Deviens, toi aussi, artisan de la miséricorde divine. Je t’envoie pour être mon disciple, a dit Jésus », a souligné Mgr Denis Moutel en introduction de la célébration. Dans son homélie, l’abbé Loïc Le Quellec, curé de Saint-Brieuc, est revenu sur le parcours exceptionnel et inattendu de Bernadette qui débuta en 1858, année de l’apparition de la Sainte Vierge à Lourdes.

« Bernadette était une petite fille issue d’une famille qui a sombré dans la pauvreté. Alors qu’elle venait chercher du bois de chauffage à la grotte, lieu sordide où on y venait nourrir les cochons, Bernadette était loin de s’imaginer ce qu’il allait se passer dans ces lieux. Elle fut soudainement saisie par une brise légère. » Cette apparition de la Sainte Vierge est à mettre en parallèle avec la parabole du Bon Samaritain. « Bernadette rencontre la Vierge Marie qui lui dit : ‘Ouvre ton cœur’. Cette dame la vouvoie et la regarde comme une personne regarde une autre personne », souligne l’abbé Loïc Le Quellec. « Heureux les pauvres de cœur et les persécutés pour la justice, le Royaume des cieux leur appartient. Depuis le jour de notre baptême, nous sommes prêtres et prophètes de l’Evangile. Elle le sait bien, Bernadette, il y a bien des choses qui abîment l’humanité et la dignité humaine. »

L’abbé Loïc Le Quellec a appelé les pèlerins à ne pas avoir peur de l’autre et à avoir le courage de le regarder tel qu’il est. « Nous aussi nous sommes étranger à l’autre car nous ne voyons que ce qui nous sépare. Non, nous ne sommes pas des Dieux mais oui, nous voulons accueillir cet étranger. Regardez les justes, comme les méchants, comment ils sont surpris de découvrir que Jésus ne nous est pas si loin, encore aujourd’hui. Toi qui n’es pas sûr de croire en Dieu, celui-ci nous dit seulement : Aime ton prochain. Si tu veux entrer en relation avec Jésus, entre en relation avec le pauvre. »

Le curé de Saint-Brieuc a mis en garde ceux qui cherchaient à collectionner les médailles de bonne conduite. « J’ai donné à boire à celui qui avait soif, j’ai donné à manger à celui qui avait faim, j’ai visité le malade ou le prisonnier… Mais nous serons surpris de rencontrer également le Christ là où on ne l’attend pas. » L’abbé Loïc Le Quellec a enfin attiré l’attention sur la miséricorde. « Le Christ nous dit : ‘Entre, toi qui contemples la miséricorde. Entre dans la dynamique du don. Donne ce que tu es et non pas seulement ce que tu as. Dieu donne, se donne et s’abandonne. C’est en cela que se décline le verbe ‘aimer’. »

Sacrement des malades

« Que les sacrements, que nous recevons, renouvellent en nous l’espérance et l’amour  », a déclaré Mgr Denis Moutel, évêque du diocèse de Saint-Brieuc, en introduction de ce temps-fort. « Le chemin de la guérison nous semble loin. Le chemin pour se relever n’est pas facile. Jésus prend soin de l’Homme blessé et abîmé dans son cœur et dans son corps », a poursuivi l’abbé Loïc Le Quellec. « Nous voudrions prendre une part de douleur de celui qui souffre. Mais, souvent, nous faisons ce constat d’impuissance. Il n’y a pas grand-chose à faire. Cependant, tu peux prendre soin de ton frère en le faisant asseoir, en l’accueillant comme il est et non pas comme tu voudrais qu’il soit. Tu peux l’aider à trouver une oasis sur sa route parfois caillouteuse. »

L’abbé Loïc Le Quellec a rappelé que le sacrement des malades, comme tout sacrement, était un « sacrement de proximité ». « Le Seigneur veut nous offrir une paix, un repos, même si nous affrontons dans la maladie une certaine solitude », a-t-il souligné. Les prêtres du diocèse de Saint-Brieuc se sont approchés des malades présents avec de l’huile bénie lors de la messe chrismale, durant la Semaine sainte. Appelée autrefois l’extrême-onction, l’onction des malades est - depuis Vatican II - comprise comme étant un sacrement de vie. Avec l’imposition des mains, l’onction rappelle l’attention et la tendresse de Jésus-Christ envers les personnes malades.

« Si l’un de vous est malade, qu’il fasse appeler les anciens de la communauté qui prieront pour lui en pratiquant une onction d’huile au nom du Seigneur. Leurs prières, inspirées par la foi, sauveront le malade, le Seigneur le relèvera, et s’il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés. » Saint Jacques 5, 14-15