Art et Patrimoine
Mercredi 16 février 2011 — Dernier ajout vendredi 11 mars 2011

Un Guide pour une meilleure lisibilité des archives

Les archivistes chargés de la gestion des documents produits par les organismes d’Église sont les garants de la conservation d’une mémoire collective : celle des communautés chrétiennes.

Archives de l'Eglise catholique en Bretagne -  voir en grand cette image
Archives de l’Eglise catholique en Bretagne
Couverture du livre

Mais recueillir, classer, inventorier les archives ne servirait à rien si tous ces travaux n’aboutissaient à la finalité propre du métier d’archiviste : mettre à la disposition du public un patrimoine documentaire nécessaire pour nourrir une réflexion constructive sur une histoire commune. Citons à ce propos Mgr Marchisano (président de la Commission Pontificale pour les biens culturels de l’Eglise) qui –- dans une Lettre-circulaire parue en 1997 sur La fonction pastorale des archives ecclésiastiques –- écrivait : « Les documents de la mémoire sont un bien culturel vivant qui est proposé à la communauté ecclésiale et civile pour son instruction et son éducation au fil des générations ». Une des fonctions de l’archiviste est donc d’ouvrir ses collections au public. Cette ouverture nécessite la rédaction d’instruments de recherche, afin de donner une connaissance approfondie de l’ensemble des fonds conservés et de les rendre ainsi plus facilement accessibles. C’est l’objectif du Guide des Archives de l’Eglise catholique en Bretagne qui vient de paraître aux Presses Universitaires de Rennes.

Une richesse insoupçonnée

Basilique N.D. d'Espérance -  voir en grand cette image
Basilique N.D. d’Espérance
Plan photographié - XXè s.
AESB – Ande-1D-2b

Fort méconnus jusqu’à présent, les fonds documentaires des évêchés et des congrégations des cinq diocèses bretons n’en sont pas moins d’une grande richesse (pour des raisons culturelles et historiques, le diocèse de Nantes fait partie de cette étude). Ils constituent la source primordiale et irremplaçable à toute histoire des expressions et des manifestations de la vie religieuse en Bretagne au cours des XIXè et XXè siècles. Le Guide fait ainsi le point, à hauteur de 2010, sur plus d’une cinquantaine de dépôts d’archives privées de la région.

Le plan de l’ouvrage est composé de quatre parties : les archives diocésaines, les archives des congrégations masculines, les archives des congrégations féminines et en annexe, les autres dépôts hors Bretagne. Chaque centre fait l’objet d’une notice historique détaillée et d’une description des fonds conservés par série ; s’ajoutent à cela les sources complémentaires et les modalités de communication. Deux cahiers centraux réunissant des illustrations en couleur donnent un aperçu de la diversité et de la qualité de l’iconographie que l’on peut y trouver (plans, affiches, lithographies, photographies, images de piété,…). A la fin du volume, une table des centres d’archives et des congrégations et un index des noms propres et des noms de lieux facilitent la lecture transversale ou la recherche.

Les fonds d’archives des congrégations féminines

Religieuse de St-Thomas de Villeneuve -  voir en grand cette image
Religieuse de St-Thomas de Villeneuve
Image de piété - Fin XIXè s.
AESB – 2 R-11

Constituant la part essentielle du Guide, les archives des congrégations féminines témoignent de l’œuvre immense accomplie par les multiples maisons qui ont essaimé en Bretagne au gré des initiatives individuelles ou collectives. Sur un plan diocésain, l’étude met en évidence les activités hospitalières, caritatives, éducatives et sociales de près de quarante congrégations différentes (certaines fondées sur le diocèse, d’autres en dehors). A défaut de pouvoir toutes les énumérer ici [1], on soulignera le rôle déterminant d’hommes comme Jean-Marie de La Mennais (Filles de la Providence) ou Guy Homery (Divine Providence de Créhen), et de femmes comme Marie Balavenne et Renée Burel (Filles du Saint-Esprit) ou Hélène de Chappotin (Franciscaines Missionnaires de Marie), pour ne citer que quelques personnalités influentes. On remarquera aussi l’impressionnante longévité de nombreuses maisons, à l’image de la congrégation des Sœurs Hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve, fondée à Lamballe, qui célèbre cette année son 350e anniversaire. Enfin, on verra que les regroupements et les fermetures de communautés dus aux baisses d’effectifs obligent parfois à déplacer les documents de leurs lieux d’origine, voire à s’en séparer définitivement. On citera en exemple le cas des Augustines de Lannion, dont le fonds documentaire du monastère Sainte-Anne a été transféré aux Archives Départementales des Côtes d’Armor en juin 2008.

Le fruit d’une enquête

Le lecteur devra garder à l’esprit que le présent ouvrage est le fruit d’une enquête réalisée pour la première fois à une échelle régionale, par des archivistes animés avant tout par un souci commun de préserver, de mettre en valeur et de rendre accessibles les fonds qu’ils conservent. Puisse ce Guide constituer, pour tous ceux qui s’interrogent sur l’histoire de l’Église catholique en Bretagne, une source d’information utile, renouvelée par la curiosité de chacun.

Article publié dans Église en Côtes d’Armor de mars 2011.

[1Une liste des congrégations du diocèse avec les dates de fondation a été dressée par le P. Gaston Talbourdet, ancien archiviste ; elle est disponible à l’Évêché.