Coadout
Mercredi 29 octobre 2008 — Dernier ajout mercredi 25 août 2010

Une résurrection pour le retable

Le relais paroissial de Coadout remplace un panneau de contreplaqué par un tableau d’un artiste moderne.

L’église de Coadout fut construite aux 17e-18e siècles ; elle a conservé sa porte ouest du 16e. Le clocher (1662, restauré en 1912) porte les armes de Philippe Du Liscouet, célèbre Ligueur. Au fond du chœur, l’ancien autel est inséré dans un retable (18e) provenant de la chapelle de l’Isle en Goudelin.

Retable de Coadout avant le nouveau tableau -  voir en grand cette image
Retable de Coadout avant le nouveau tableau

Au centre de ce retable se trouvait jadis un tableau qui, endommagé, a disparu et fut remplacé par du contreplaqué peint en blanc. Au milieu du panneau était fixé un crucifix massif et banal, dont l’emplacement, juste au-dessus du tabernacle, n’était guère idéal.

La rencontre entre quelques personnes du relais paroissial et un artiste, Bernard le Quellec, fit naître le projet de remplacer ce panneau par un tableau. Après en avoir discuté avec le Père Francis Morcel, curé, et pris conseil auprès de la Commission d’Art Sacré, on confia à l’artiste pabuais de peindre une Résurrection, dans un style figuratif moderne.

Retable de Coadout avec le tableau de Le Quellec -  voir en grand cette image
Retable de Coadout avec le tableau de Le Quellec

Des paroissiens de Coadout et de Ploumagoar (dont un ébéniste de métier) se chargèrent de détacher le cadre, le crucifix, puis d’installer l’œuvre achevée en prenant toutes les précautions nécessaires. Le samedi 25 octobre 2008, au cours d’une célébration suivie d’un pot offert par la commune de Coadout, le tableau de Bernard le Quellec fut béni par le Père Morcel.

Les différentes allocutions permirent de remercier acteurs et financiers de ce projet, d’un coût total de 1000 € pris en charge par la paroisse à hauteur du quart, la commune, propriétaire, se chargeant des 75 % restant. Bel exemple de coopération, dont s’est félicité le maire, Yvon Philippe, notant que cette œuvre fait l’admiration de tous tant par l’insertion du tableau dans le retable que par l’élan d’entraide qui en a permis la réalisation.

Le tableau, en partie inspiré d’une Résurrection de Piero della Francesca, montre un Christ sortant du tombeau, tenant à la main un rouleau déscellé et déplié, allusion à Ap 5, 1-7 : « un agneau se dressait qui semblait immolé », agneau « digne d’ouvrir le livre et d’en rompre les sceaux ». Assurant la cohérence de l’ensemble, un agneau est également peint depuis son origine sur le devant de l’ancien autel faisant partie du retable.

Ainsi, comme l’a souligné le Père F. Morcel, toute une catéchèse peut naître d’un patrimoine qui n’est pas forcément un héritage des temps anciens.