Dimanche 6 mai 2007 — Dernier ajout mardi 8 mai 2007

Vatican 2035

Il y avait la science-fiction, il y a aussi maintenant la religion-fiction, mais nous sommes très loin du Da Vinci Code. Ce livre, assez épais de près de 600 pages mais qui se lit très facilement, raconte l’histoire de Giuseppe Lombardi, qui devient pape sous le nom de Thomas 1er en 2030.

Vatican 2035
Mgr Pietro de Paoli
Plon, Paris, 2005
600 pages, 21 €

Il y avait la science-fiction, il y a aussi maintenant la religion-fiction, mais nous sommes très loin du Da Vinci Code. Ce livre, assez épais de près de 600 pages mais qui se lit très facilement, raconte l’histoire de Giuseppe Lombardi, qui devient pape sous le nom de Thomas 1er en 2030. Son histoire commence de nos jours, plus ou moins aux JMJ de Rome et on suit son histoire avec une galerie de personnages attachants à la forte personnalité, comme par exemple un vice-recteur de la Catho de Paris, une directrice de l’UNESCO, un prix Nobel de physique, une théologienne de haut niveau, des cardinaux indiens et africains et quelques papes.

La première partie nous entraîne dans un monde qui ressemble, hélas, au nôtre avec une grave pandémie, des intégristes musulmans, une organisation catholique ultra traditionaliste… Suite à une grave altercation avec son curé, Giuseppe se retrouve Fidei Donum en Inde. La deuxième partie est plus centrée sur la Cité du Vatican où vient d’être élu le français Sylvestre III.

On ne peut en dire plus sans déflorer la trame, car ce livre est dès le début plein de rebondissements qui touchent aussi bien les différents personnages que l’histoire de l’Eglise ou du monde dans lequel nous sommes. On retrouve même à travers cette histoire des personnages actuels de l’Église, ou même certaines organisations, d’Eglise ou pas, cités à travers tel ou tel évènement.

Une chose semble certaine, c’est que l’auteur, qui se cache sous un pseudonyme, est quelqu’un qui connaît parfaitement les coulisses du Saint-Siège et le fonctionnement de l’Église. Nous ne sommes pas dans la caricature ni dans le pamphlet, c’est quelqu’un qui aime l’Église et qui est manifestement « de l’intérieur ». Ce livre passe en revue la plupart des grands problèmes contemporains d’ecclésiologie, que ce soit sur les ministères, le dialogue interreligieux, le gouvernement de l’Eglise, la place de l’Eglise dans la société et apporte des éléments de réponse, souvent surprenantes et novatrices mais toujours intéressantes. Cela se passe à travers l’histoire de ses personnages et des évènements du monde avec à la clef un message plutôt d’ouverture et d’espoir, même si on peut penser que certaines questions sont traitées rapidement. Reste à savoir si l’avenir ira dans son sens ou pas. A lire et à discuter.

Vos témoignages

  • Je me suis un peu fait forcer la main avant d’accepter qu’une amie, - laquelle a des responsabilités au sein du diocèse de Grenoble ( aumoneries de jeunes de l’E.P.)- me prète ce livre. J’ai, d’après mon épouse, fait des déclarations à l’emporte-pièce, fustigeant ce genre de bouquin, une fiction, sur le Vatican, en plus, … J’ai donc commencé par déclarer que cela ne m’intéresserait pas du tout et pratiquement refusé que notre amie Hélène nous le prète…. Me connaissant,…., mon épouse, elle, l’a pris ! Puis, de retour à la maison, j’ai commencé à l’entrouvrir, et commencé très doucement à le lire. Je n’en suis au bout de huit jours qu’à la page 116. Il vient de perdre son épouse, Chiara….. et il est dans le désespoir le plus complet. Je viens aujourd’hui d’écrire à des amis qui sont très tristes de la « non-évolution de l’Eglise » sur des points que tout le monde connait et je les ai encouragé à se procurer ce bouquin pour qu’on puisse en parler. La lecture des diverses recensions, celle de Saint Brieuc ( entre parenthèse, mon diocèse d’origine), et celle de Sens-Auxerre, m’a permis d’entrevoir ce que me réserve l’intégralité du livre, qui, parce que c’est un roman, connaît apparemment, des tribulations assez peu vraisemblables… comme la période avec une Eglise encore plus en régression que l’actuelle… et, parait-il la suppression de l’Ordre des jésuites ? pourquoi pas ? En tout cas, je ne sais pas d’où l’auteur sort son pape Jean XXIV, un écossais nommé Paul Cameron, mais mon intérêt, passées les premières critiques infondées sur ce livre ( des « a-priori » inexplicables ), pour ce roman est sans doute dû au fait qu’au moment de la mort de Jean Paul II, et avant l’ouverture du conclave qui s’est conclu par l’élection de Benoit XVI , j’avais écrit un « e-mail » au grand dominicain Timothy Radcliffe, avec lequel j’entretiens une correspondance sporadique, en lui demandant : « Alors, Timothy, why not you , this time ? » Il m’avait répondu par une réponse très sage, du genre : « I dont believe this time has come, yet ». Les grands spécialistes en ecclésiologie ajouteront sans doute : non seulement son temps n’était pas venu, il est trop connu pour son progressisme et ses idées avancées sur la sexualité, les divorcés- remariés, les autres formes envisageables de prêtrise, etc.., mais, de plus, ô tare ineffaçable, il n’est pas cardinal… Apparemment, avec Thomas Ier, les choses semblent avoir pas mal évolué puisqu’il aurait même instauré trois femmes cardinales au Saint Siège !!!!! Quelles audaces .. Je pense que nous ne verrons pas tout cela Amitiés aux diocésains des Côtes d’Armor jean pierre ou jpb

    • Vatican 2035 21 mai 2008 14:28, par Philippe

      …et, parait-il la suppression de l’Ordre des jésuites ? pourquoi pas ? Oh mais ça s’est déjà fait au XVIIIe siècle !

      En tout cas, je ne sais pas d’où l’auteur sort son pape Jean XXIV, un écossais nommé Paul Cameron, Moi j’ai pensé à Timothy Radcliffe, dont vous parlez justement plus loin. Il n’est pas écossais, mais… anglais ! Ce n’est pas si loin ;-) non seulement son temps n’était pas venu, il [Timothy Radcliffe] est trop connu pour son progressisme et ses idées avancées sur la sexualité, les divorcés-remariés, les autres formes envisageables de prêtrise, etc.., mais, de plus, ô tare ineffaçable, il n’est pas cardinal… Il ne faut jamais dire « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau ». Il faut sans doute être cardinal, mais dans le passé, on a vu des papes se faire nommé d’abord évêque puis cardinal. C’est vrai que c’était il y a longtemps…

      Quant à savoir si nous ne verrons pas une évolution, je suis persuadé pour ma part que nous en verrons. Reste à savoir lesquelles. Et le Trégor vous salue bien bas :-)

  • Jean 2 juin 2007 23:36

    Si ce roman est de la pure fiction, on peut affirmer cependant qu’il est beaucoup mieux documenté sur le fond des enjeux qui tournent autour du Vatican que bien d’autres fictions à la mode. On peut même dire que, sous forme de roman, il s’agit presque d’un manifeste ecclésiologique (et donc “théologique”) exprimant les espérances d’évolution de l’Église catholique qu’un bon nombre de fidèles ont au cœur. La nomination de femmes à la tête de dicastères importants dans la Curie romaine et le titre cardinalice à elles conféré ; la création de deux niveaux de clergé dont un clergé choisi parmi les personnes mariées ; un grand bon sens et un grand sens de la miséricorde dans la gestion des questions morales et sexuelles ; la priorité radicale donnée au souci des plus pauvres ; un souci d’action pour la paix, particulièrement dans les lieux saints de Palestine : autant de sujets traités souvent avec un discours théologique et spirituel d’une réelle valeur. Fiction, mais fiction qui renoue avec certaines des grandes espérances nées du Concile Vatican II.

  • Marinette 14 mai 2007 22:08

    Voilà une fiche de lecture qui donne envie de lire ce roman !
    Pour ma part je viens de l’acheter, et c’est avec plaisir que je vous dirai mes réactions. Je m’y plonge avec le désir et en même temps la certitude d’y trouver un « champ » et / ou un « chant » d’espoir pour l’Église de demain !
    Merci pour ce site sur lequel je surfe avec plaisir ; il est une chance pour notre diocèse.