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L’Église de France veut faire la vérité sur les abus sexuels

La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE) a lancé le 3 juin un appel à témoignage pour les victimes ou témoins d’abus sexuels commis par des prêtres ou des religieux.

L’Église de France veut faire la vérité sur les abus sexuels commis par des clercs et religieux depuis les années 50. Dans le cadre d’un appel à témoignages, les personnes victimes ou témoins de ces abus sont invitées à prendre contact :

  • N° d’appel : 01 80 52 33 55
  • Courriel : victimes@ciase.fr
  • Courrier postal : Service CIASE – BP 30 132 – 75525 Paris Cedex 11

La révélation des abus sexuels dans l’Église catholique de France a, à juste titre, profondément choqué l’opinion publique. Pour que toute la lumière soit faite sur ce fléau, l’Église, par la voix de la Conférence des évêques de France (CEF) et de la Conférence des religieux et religieuses de France (CORREF), a demandé à Jean-Marc Sauvé, ancien vice-président du Conseil d’État, de constituer et de présider sur ce sujet une commission indépendante qui a été mise en place en février 2019. Cette commission lance aujourd’hui un appel à témoignages pour que toutes les personnes concernées lui permettent d’accomplir un travail de vérité.

La commission retient une définition large de l’abus sexuel, entendu comme toute agression, exploitation ou atteinte sexuelle, sous quelque forme que ce soit. Pour définir les victimes, si l’âge de la majorité est clairement fixé par la loi, la notion de « personne vulnérable » doit être précisée : la CIASE range dans cette catégorie les majeurs protégés au sens du droit civil (personnes sous tutelle, curatelle…), mais aussi les majeurs en situation de vulnérabilité, c’est-à-dire les personnes qui, dans le cadre d’une relation de hiérarchie, d’autorité, d’accompagnement spirituel ou d’emprise, se sont trouvées engagées dans une relation à caractère sexuel non librement consentie (par exemple une religieuse vis-à-vis d’un confesseur). Les auteurs concernés des abus sont non seulement les prêtres et évêques, mais aussi les religieux et religieuses, les personnes en formation (séminaristes et novices, notamment), les diacres et les laïcs consacrés ou « menant la vie commune » (parfois désignés sous le nom de « communautés nouvelles»).

La première priorité de la CIASE est de faire en sorte que puisse être exprimée et recueillie la parole de celles et ceux qui ont souffert en personne ou qui sont en capacité de témoigner d’abus sexuels, afin que puisse se développer un travail de reconnaissance et de mémoire.

À l’issue de la phase d’écoute et d’accompagnement, l’équipe de France Victimes proposera aux victimes de répondre à un questionnaire anonyme d’une quinzaine de minutes. Cette approche vise à déterminer l’ampleur du phénomène, ses principales caractéristiques et à identifier les logiques sociales et institutionnelles qui favorisent la survenue des abus sexuels et rendent compte des réactions de l’Église catholique. Les victimes qui en exprimeront le souhait pourront être entendues par la CIASE dans des échanges confidentiels.

La CIASE ne prétend pas guérir le mal qui a été fait, ni se substituer à la justice, aux services médicaux et sociaux ou aux associations oeuvrant, par l’écoute ou le soin, à la prise en charge des victimes et des auteurs d’abus sexuels. Elle est là pour entendre, comprendre, prévenir et proposer, publiquement, de nouvelles voies pour en sortir.

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