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Retour sur la Fête Dieu 2020 au Sanctuaire marial de Querrien

La Fête du Saint-Sacrement -aussi appelée Fête-Dieu – est célébrée le deuxième dimanche après la Pentecôte et a été instituée au Moyen-Age pour commémorer la présence de Jésus-Christ dans le sacrement de l’Eucharistie.

Photos de la célébration

Fête Dieu 2020 au Sanctuaire ND de Toute Aide à Querrien (La Prénessaye)

Mot d'accueil du Père Gérard Nicole
Recteur du Sanctuaire ND de Toute Aide

« Mgr, c’est la deuxième fois depuis la sortie du confinement que vous nous rejoigniez, ici au Sanctuaire marial diocésain. Peu à peu, le Sanctuaire retrouve ses pèlerins, sa vocations à l’accueil, ses activités. Dimanche, vous nous rejoigniez pour cette fête du Corps et du Sang du Seigneur, la Fête Dieu. L’eucharistie, source et sommet de la vie de l’Église, nous a manqués. Elle vous a manqués. Souhaitons que tous retrouvent le chemin de la communion d’Église pour retrouver le Pain de Vie et le service de l’unité de l’Église.

L’eucharistie est un mot grec qui veut dire « merci ». Nous allons dire merci au Seigneur pour le monde de la santé qui ne nous a jamais laissés tomber pendant ces semaines éprouvantes. Nous allons dire merci pour les sacrements, et particulièrement pour l’eucharistie.

Permettez-moi, Monseigneur, d’adresser un merci particulier : je vous remercie, mes sœurs, qui avez veillé sur le Sanctuaire pendant cette période de confinement. Merci aussi aux nombreux bénévoles qui sont venus à la chapelle chaque jour pendant trois heures pour y assurer la sécurité sanitaire, et autoriser ainsi sa réouverture. Merci aux bénévoles qui ont assuré l’entretien du Sanctuaire, lui permettant de rester beau et propre. »

Suite au mot d’accueil du Père Gérard Nicole, Mgr Denis Moutel s’est également félicité de la réouverture du Sanctuaire. « Soyons heureux d’être là. Je ne peux pas voir vos sourires mais vous savez sourire avec les yeux. Êtes-vous heureux de revenir à Notre-Dame de Toute-Aide à Querrien ? » « Oui », a répondu l’assemblée de fidèles en chœur.

Depuis le concile Vatican II, la Fête Dieu est appelée « Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ ». La Fête du Corps et du Sang du Christ commémore l’institution du sacrement de l’eucharistie. Elle est un appel à approfondir le sens de l’eucharistie et sa place dans notre vie. Cette fête est la célébration du Dieu d’amour qui se révèle en donnant son corps et son sang, en se donnant à nous comme nourriture de vie éternelle. Le sens de la fête du corps et du sang du Christ est un peu différent de celui de la Fête Dieu qui était plus centrée sur l’adoration de la présence réelle du Christ.

 

[ Pour aller plus loin ]

Homélie de Mgr Denis Moutel
Évêque de Saint-Brieuc et Tréguier

Souvenons-nous de cette épreuve qui a duré plus de soixante jours. Dans cette épreuve, qui est aussi un grand moment de vie particulière, je crois que nous nous posons tous ces questions : Qu’est-ce qui nous ait arrivé ? Que sommes-nous devenus ? Et puis maintenant, que pouvons-nous faire ? Je voudrais reprendre avec vous le message que j’ai donné aux catholiques du diocèse pour la Pentecôte. J’ai voulu proposer sept chemins pour, non pas recommencer comme avant mais pour commencer, comme l’Église a commencé.

Le premier autour de ce que nous avons reçu : la joie de croire, puisque vous êtes là frères et sœurs, puisque vous n’avez pas cessé – avec moi comme tout le diocèse – de prier par l’intercession de Notre-Dame de Toute-Aide. La joie de croire, c’est cette fidélité qui nous conduit. Nous sommes heureux de voir, de comprendre que le cœur humain peut être habité et transformé par l’amour bien au-delà que ce que nous osions imaginer, dans les personnes qui se sont dévouées auprès de ceux qui étaient malades, dans d’autres régions plus touchées que dans la notre, ceux qui ont assuré dans les choses les plus élémentaires de la vie : la nourriture, le transport, le service aux autres… L’homme est capable d’amour et nous en sommes heureux. C’est ça notre foi. Être chrétien, ce n’est pas un chemin de contemplation pour des élites, ce n’est pas non plus la perfection morale. Être chrétien, c’est être avec le Christ qui n’abandonne jamais ses enfants. Celui qui mange de ce Pain de Vie a la vie éternelle.

La deuxième piste, c’est que cette vie n’est pas dans la superficialité des choses car il y a la traversée d’une épreuve. La pandémie, qui n’est pas terminée dans ses conséquences sociales, économiques ou encore sanitaires, va marquer durablement la vie du monde et notre foi.  Il y a eu ou il y a encore des peurs éprouvées devant la contagion, la solitude des personnes qui ont connu l’isolement d’une chambre, la perception de nos fragilités individuelles ou collectives et la dure réalité de la mort que nous ne voulons plus voir. Le chemin, qui est mon troisième point, nous réconcilie. Nous étions séparés, nous nous sommes manqués et voici que nous sommes  rassemblés. C’est ce que fait l’Esprit de Pentecôte : ceux qui sont dispersés, Il les rassemble. Mais parfois, la diversité de nos tempéraments, de nos histoires, de nos idées peuvent nous faire peur. Il n’est pas facile d’écouter l’autre jusqu’au bout, de le comprendre, de construire avec lui un projet… Alors, demandons la grâce pour notre communauté chrétienne et ici demandons, par l’intercession de Notre-Dame de Toute Aide la grâce de bien écouter.

Aujourd’hui, c’est le don de l’eucharistie. Nous avons douloureusement eu l’impossibilité  de recevoir le corps du Christ en communion. Mais peut-être que ce manque nous en fait percevoir davantage  la richesse aujourd’hui parce que le don du corps du Seigneur est précédé par l’écoute de sa Parole, et ça nous avons pu continuer à le faire ! Et puis surtout l’eucharistie est suivie de la charité, de l’amour du prochain qu’on exerce une fois après avoir quitté l’assemblée dominicale pour retourner vers nos frères. C’est le fruit de l’eucharistie qui trouve son accomplissement  dans la rencontre et le service des autres. Cinquième chemin : le courage de sortir. Ces jours-ci, depuis trois dimanches désormais, nous avons préparé notre rentrée de façon responsable. Il ne faudra pas rater la sortie. Ce sont les mots qui reviennent souvent dans la bouche du Pape. Tout chrétien, toute communauté chrétienne, doit accepter cet appel de Dieu : sortir. Sortir de son propre confort et avoir le courage de rejoindre les périphéries de la vie ou tant et tant nous attendent et ont besoin de la lumière de l’Évangile. L’activité pastorale de notre diocèse doit vivre aussi cette sortie.

Sixième chemin : l’urgence du partage. Pendant ce temps du confinement, j’ai souvent entendu dire « nous ne sommes pas les plus à plaindre ». Cette réflexion, finalement, portait une générosité en elle, portait l’attention à quelqu’un d’autre qui était plus seul, plus en difficulté. En tout cas, ils sont nombreux ceux que la crise sanitaire a secoué durablement Il ne faudra pas perdre pied mais plutôt accentuer la fraternité dans les associations dans lesquelles nous appartenons, dans le simple geste de voisinage. Comment passer à la vitesse supérieure dans le partage ? Certains ont suggéré le retour à ce qu’on appelait la dîme autrefois, qu’on s’en approche un peu plus, qu’on rehausse si on en a la possibilité ou les moyens notre niveau de partage pour quelques causes qui ne sont pas simplement les nôtres.

Enfin, l’audace de la liberté parce que, me semble-t-il, avec ce temps du confinement, nous avons pu innover dans notre vie personnelle, peut-être. Par exemple, le téléphone n’a jamais autant marché entre nous, je crois. On a pris des nouvelles, sans doute plus que d’habitude, les uns des autres. On a été témoins, et vous aussi vous avez vécu ces gestes d’attention : aller faire une course ou regarder si les volets d’à côté s’ouvraient bien. Nous avons eu un changement de rythme. Cette capacité d’innover, d’inventer, de s’adapter, c’est important aussi pour l’Église aujourd’hui. Ne nous sentons pas  toujours soumis à des programmes contraignants qu’il faudrait remplir absolument, ou à des organisations qui nous presseraient. Prenons le temps de nous interroger, comme nous le faisons ici dans la réflexion pastorale sur le sens de ce Sanctuaire.  Prenons le temps de nous interroger sur ce qui a de l’importance et sur ce qui n’en a pas, sur les enjeux missionnaires  que nous proposons.

C’est une belle fête que celle du Corps et du Sang du Christ. Vous avez entendu comme moi dans l’Évangile de Saint Jean : celui qui mange mon Corps et celui qui boit mon Sang a la vie éternelle, la vie qui est devant quelque soit notre âge, nos peines, nos fatigues.

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