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Un homme, deux engagements dans l'Eglise

Georges Thomas, 67 ans, retraité du bâtiment à Plélo et veuf depuis 2003, s’engagera dimanche 2 décembre dans l’Ordre Franciscain Séculier (OFS). En parallèle, celui-ci vient de prendre la responsabilité de la Fraternité Chrétienne des Personnes Malades et Handicapées (FCPMH) dans le diocèse. Rencontre.

S’engager, c’est un sentiment incroyable et c’est pour la vie. C’est comme dans le mariage, on ne revient pas en arrière. Pourquoi faire ? Le Père Christian Le Meur m’avait interpellé en 2015 sur ma vocation. Le Christ appelle on ne sait jamais quand. Cela n’a pas été difficile de répondre à l’appel du Christ mais il fallait que je trouve désormais de quelle manière. J’ai fait une retraite spirituelle à l’abbaye de Saint-Jacut de la Mer et j’ai rencontré un prêtre qui a su se mettre à ma hauteur. Notre échange fut d’une simplicité déconcertante. C’est lui qui m’a fait découvrir le psaume 139. Ça remue !

J’ai découvert l’Ordre des Franciscains sur le site du diocèse. Je suis d’abord tombé sur Charles de Foucauld que je ne connaissais pas ; puis, sur les Franciscains. J’ai tout de suite été interpellé par Saint-François d’Assise qui embrasse un lépreux. J’ai moi-même une fille handicapée, on les aime comme ils sont. Ils ont des choses à nous dire, nous avons beaucoup de choses à apprendre d’eux. A l’occasion de mon engagement chez les Franciscains, j’ai envoyé des invitations aux personnes qui me sont chères. Jamais je n’aurais pensé que les gens m’auraient autant répondu pour me dire qu’ils viendraient. Ça m’a ému.

Je dis au Seigneur : « Mon Dieu, c'est toi ! »
Seigneur, entends le cri de ma prière.
Tu es la force qui me sauve, Maître, Seigneur ;
Au jour du combat, tu protèges ma tête.

Mais avant de s’engager, il y a plusieurs étapes à franchir. J’ai d’abord pris contact avec les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie aux Châtelets (Ploufragan) qui m’ont reçues en entretien et m’ont conseillées de prendre contact avec le responsable Diocésain de l’Ordre Franciscain Séculier de Saint-Brieuc. Je fus invité à une réunion et ça m’a immédiatement plu. Désormais, je me rends tous les mois à une réunion, nous devons être une douzaine de membres. Il y a un couple d’anciens médecins, d’anciens chefs d’entreprise, un notaire… Moi qui n’ai pas beaucoup d’instruction, je croyais ne pas trouver ma place. Mais les personnes sont à l’écoute, font attention à ce que l’autre dit, ne coupe pas la parole (et ne la garde pas non plus !). On prépare la séance, tour à tour, à partir de la Parole de Dieu du mois qui nous a interpellé. Cela permet de s’élever, de rencontrer des gens avec des expériences différentes. Finalement, on se rend compte que tout le monde est pareil.

J’ai suivi une formation dans le cadre de la préparation d’engagement dans l’OFS d’une année, appelée « Un projet de vie ». Bien sûr que j’ai eu des moments de doute, des questions mais j’ai toujours continué à y croire. Peut-être que le Seigneur voulait me tester ? Avant les années 2000, nous avions mis en place une petite équipe d’animation sur la paroisse de Chatêlaudren lors de la célébration de certaines messes avec Nicolas Le Boulc’h. Quand ma femme est décédée, ce fut l’obscurité complète… Je me retrouvais à devoir élever seul mes deux filles, et notamment de ma fille handicapée qui n’avait ni auxiliaire de vie. Mais grâce à de nombreux amis, j’ai réussi à sortir la tête hors de l’eau. Ce n’est qu’en 2011-2012 que j’ai décidé de revenir à la messe. Ce fut comme une bouffée d’oxygène. Je retrouvais ma place de chrétien dans les églises que je fréquentais.

J'aime bien me rappeler
ce que disait Saint François d'Assise :
« Dieu est, cela suffit ! »

Un jour, j’ai pris une petite carte au fond de la basilique de Guingamp que j’ai mise dans ma poche. Il faisait sombre, je n’ai pas bien vu ce qu’il y avait dessus. Ce n’est que trois jours après que je l’ai ressortie. Il y était marqué : « Aime-moi tel que tu es. Si pour m’aimer tu attends d’être parfait, tu ne m’aimeras jamais ». Moi qui pensais que mon papa ne m’aimait pas parce que je ne comprenais rien à l’école… Je sais maintenant que je suis aimé de Dieu et je parle de Lui comme d’un ami. Quand j’ai expliqué à mes filles mon engagement, la plus jeune a beaucoup pleuré, croyant que j’allais partir de la maison pour une communauté ou une abbaye. Mais non, je garde ma vie en paroisse, dans mon quartier, auprès de mes enfants. Mais mon engagement me rapprochera sûrement encore davantage des plus fragiles et des personnes en situation de pauvreté. Ce que je vis actuellement, c’est vraiment un appel. Je ne sais pas comment l’expliquer. Je n’ai jamais rien au Seigneur demandé à part : « Donne-moi la paix, la sagesse et la force de continuer. Je te donne ma vie ! Que veux-tu que je fasse pour toi ? ».

Durant la célébration d’engagement, le 2 décembre, le prêtre et le frère franciscain vont m’appeler. Deux frères, déjà engagés dans la Fraternité, seront à mes côtés. Puis, toute la Fraternité viendra me souhaiter la bienvenue. Ça va être un moment chargé en émotion. Ils étaient déjà nombreux à venir aux funérailles de ma maman. J’avais été surpris et touché. Ils n’étaient pas obligés mais c’est finalement ça la fraternité. Lors de la célébration, je vais devoir répondre à des questions tout comme un catéchumène le ferait. Il s’agit de redire : « Oui, je crois ».

"S’engager,
c’est un sentiment incroyable
et c’est pour la vie"

Lorsque j’étais encore en activité, je priais sur les chantiers. J’avais déjà le désir de m’engager dans une association à but non lucratif au moment de la retraite. J’aurais pu me consacrer à la musique, il m’est arrivé de participer à des Fêtes de la musique et des concerts puisque je jouais dans un groupe. Mais ma vie s’est tournée vers le Christ, et cela bien avant que j’arrête de travailler. Les appels du Christ ne se font pas dans le bruit ou le brouhaha. Ça ressemble plus à un souffle, un bruissement de feuille.

J’ai rencontré Édith Bruneau et Luc Rey qui m’ont dit que j’étais capable de prendre en charge la FCPMH d’abord sur la paroisse de Châtelaudren à partir de 2014, Guingamp depuis cette année, puis maintenant au niveau diocésain. Tout s’est enchaîné très rapidement. J’ai accepté cette mission tout en me sachant déjà engagé comme sacristain, mais aussi guide de funérailles sur Plélo et Plerneuf, membre de l’EAP, du conseil économique, et dans la préparation au baptême… J’ai pensé ne pas être à la hauteur, ne pas savoir comment tout gérer. J’ai demandé à l’Esprit Saint de m’aider et c’est ce qu’Il a fait. Quand vous demandez quelque chose au Seigneur par la prière, Il vous répond.

"Je sais que je suis aimé de Dieu
et je parle de Lui comme d’un ami"

Informations pratiques

  • Dimanche 2 décembre à 11h, engagement de Georges Thomas au sein de l’Ordre Franciscain Séculier, en l’église de Châtelaudren. Ouvert à tous.
  • Samedi 12 janvier à 14h30, galette des rois de la FCPMH, à la Maison Saint-Yves (Saint-Brieuc) Ouvert à tous.
  • Contact :
    • Georges Thomas, responsable diocésain, au 06 27 34 74 70
    • Edith Bruneau, trésorière, au 02 96 01 06 32
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