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Journée diocésaine à la basilique ND du Roncier à Josselin (Morbihan)

Mardi 14 mai, une cinquantaine de pèlerins costarmoricains ont vécu une journée de pèlerinage à Notre-Dame du Roncier à Josselin, dans le Morbihan ; journée présidée  par Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier et en présence du Père Jean Le Rétif et du diacre Serge Kerrien. Cette année, le thème retenu était « la piété populaire ».

Journée diocésaine 2019 à Josselin (56)

Histoire de Notre-Dame du Roncier

L’origine du culte à Notre-Dame du Roncier remonte au haut Moyen-Age, sans doute en l’an 808. Il repose sur une tradition écrite pour la première fois par un carme du Prieuré de Josselin, le père Isaac de Jésus Maria, dans son histoire du pèlerinage publiée en 1666. « Il arriva qu’un laboureur cultivant la terre où est maintenant l’église Notre-Dame, et coupant les ronces avec un faucillon que l’on voit aujourd’hui suspendu dans la voûte de l’autel, fit l’heureuse découverte d’une ‘image’ de Notre Dame dans un lieu rempli de ronces »… d’où son vocable ‘Notre-Dame du Roncier. Le laboureur plaça la statue chez lui mais elle revint d’elle-même au lieu de sa découverte. L’événement s’étant produit à plusieurs reprises, l’évêque d’Aleth (Saint-Malo de la Mer) autorise qu’on lui rende un culte. La fille du laboureur, aveugle de naissance, retrouva la vue. La nouvelle se répendit et, très vite, de nombreux pèlerins accoururent au Sanctaire.

Notre-Dame du Roncier aujourd'hui

Pendant la Révolution, la statue de Notre-Dame est brûlée. Le mobilier et le trésor souffrent du mouvement de déchristianisation : tout est descellé et brisé, l’église devenant même un magasin à fourrage où on y bat la moisson. Le 8 septembre 1868, la nouvelle statue de Notre-Dame est couronnée. En avril 1891, le pape Léon XIII octroie le titre de basilique mineure à l’église Notre-Dame-du-Roncier. Les grands travaux de restauration commencent en 1885. On construit une voûte en bois et un maître autel en pierre. On transforme la chapelle Sainte-Catherine. Quant à la flèche, elle est inaugurée le 8 septembre 1949, par le cardinal Roques, archevêque de Rennes. Aujourd’hui encore, le grand pardon de Notre-Dame du Roncier attire la foule environnante mais aussi beaucoup de pèlerins de différents horizons.

Journée diocésaine avec Mgr Denis Moutel

« Originaire de Dinan, je suis aujourd’hui en charge de trois paroisses, ce qui représente huit lieux de culte. Il fait bon vivre ici dans cette cité de caractère qu’est Josselin. Au Sanctuaire, la Vierge du Roncier voit se succéder des pauvres, des boîteux, des aveugles, des riches… Tout le monde a quelque chose à dire à Notre Dame.  Au XVIIème siècle, des communautés religieuses et monastères s’installent autour du Sanctuaire. On en comptera 18, pour Josselin c’est énorme ! Les pèlerinages gagnent en vigueurs au XIXème siècle et sont organisés par train à partir de Ploêrmel, de Vannes ou ailleurs. Le Pardon de Josselin suscite toujours un engouement général. Sa préparation est l’affaire de tout un peuple, pratiquant ou non, d’environ 300 bénévoles. Il s’agit de servir la cité et Notre-Dame !

« La piété populaire est toujours quelque chose d’étonnant pour moi. Il est de tradition de toucher et d’embrasser le manteau de Notre-Dame. Nous accueillons cette démarche populaire avec respect. On vient au sanctuaire en famille, en car organisé, certains entrent en tant que touristes et en sortent en tant que pèlerins. Il y a un véritable attachement au patrimoine. Des jeunes de nos paroisses passent une partie de leur été  à faire visiter le Sanctuaire. Notre-Dame du Roncier fait partie de l’identité de Josselin, à nous de convertir le tourisme grandissant en tourisme spirituel !

« L’année passée, la visite pastorale de notre évêque [Mgr Raymond Centène] nous a fait réfléchir sur l’évangélisation. Beaucoup d’enfants ont obtenu des grâces de Notre-Dame du Roncier. Nous avons à relire son message. Nous allons repenser la vocation du Sanctuaire auprès des plus petits, nous mettrons tout en œuvre pour accueillir et accompagner des propositions variées. Lors des célébrations, je ne sais pas d’où viennent les fidèles. Josselin appartient à Notre-Dame et Notre-Dame à tous les chercheurs de sens. »

« Chers frères et sœurs pèlerins, j’aime bien la fête de Saint Matthias. Parce que le groupe des apôtres a été douloureux après la trahison de Judas. Comment cela a-t-il été possible ayant fréquenté assidument le Maître et Seigneur ? Il était dans la confiance avec Lui, appelé par Lui… La figure de Saint Matthias nous rappelle que le Seigneur n’abandonne pas son Église quand elle est dans la douleur, défaite, infidèle. Voici que l’œuvre de l’Esprit-Saint vient lui redonner force, courage et joie pour donner des témoins d’humilité, de fidélité et de joie.

« Humilité, parce qu’on a souvent envie de faire des choses pour le Bon Dieu ou pour la Sainte Vierge. Mais Saint Matthias n’a rien fait du tout. Bien sûr, il a lui-aussi fréquenté Jésus depuis son baptême jusqu’à sa mort sur la croix. Il a suivi, il était dans le groupe de proches et c’est pour cela qu’il a été choisi. Justement, il a été choisi. Il n’a rien demandé. Il n’a rien fait de particulier. ‘Ce n’est pas vous qui m’avez choisi’, dit Jésus. ‘C’est moi qui vous ai choisi pour que vous portiez du fruit. Si bien qu’être pèlerin, c’est consentir à cette humilité et se rappeler ce que nous avons reçu de Jésus, comme nous sommes devenus chrétiens. Etre pèlerin, c’est faire ce petit travail de mémoire : ‘Oui Seigneur, tu m’as appelé ; et ce que Tu as commencé, Tu vas le continuer.

« Témoignage de fidélité, c’est un deuxième point chez Saint Jean au chapitre quinzième : ‘Demeurez dans mon amour’. C’est un mot très cher à l’évangéliste Saint Jean. Finalement, être pèlerin, être chrétien, c’est consentir librement, joyeusement à nous laisser traverser par le grand amour de Dieu, par tous les dons de l’Esprit, par ce fleuve puissant de l’amour non pas pour y venir avant de repartir vers nos péchés mais pour y demeurer. Puisque nous avons un certain âge, moi avec vous, nous avons une mission particulière, c’est de demeurer dans l’amour de Dieu et la foi chrétienne. Car dans ce monde où on a tendance à effacer Dieu, notre témoignage, votre témoignage est requis frères et sœursParfois, je dis aux confirmands, qui deviennent des confirmés : ‘Allez donc demander à votre grand-mère pourquoi elle est demeurée chrétienne !’ Ce n’est pas facile comme ça mais en faisant la vaisselle ou en allant cueillir des fleurs dans le jardin, on peut glisser une confidence…

Témoignage de joie parce qu’il y a une troisième phrase importante dans ce beau chapitre de l’évangile de Saint-Jean : ‘Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. Frères et sœurs, quand on est pèlerin, on sort de chez soi joyeusement, on se met en marche, on résiste à la tristesse ou à l’engourdissement, à la paralysie du cœur. On se met en mouvement. On accueille la joie profonde de l’Évangile. Il est écrit nulle part que la vie chrétienne était là pour attrister les gens ou les amoindrir. Bien sûr, si nous sommes du Christ, nous regardons et nous vivons aussi la croix du Seigneur, nos épreuves. Mais nous sommes des chrétiens, chrétiennes faits pour la joie, pouvoir dire au Seigneur : ‘Tu m’as choisi, fais-moi demeurer dans ton amour avec l’intercession de la très Sainte Vierge Marie et garde-nous dans la joie de notre baptême. »

« On dit parfois que la tradition est figée mais pas du tout ! La tradition se transmet et on l’adapte au fil du temps. Le pèlerinage populaire est vu comme comme quelque chose de secondaire et venant du peuple. C’est vraiment méconnaître l’histoire. L piété populaire intègre les dévotions, c’est-à-dire par exemple les processions, les calvaires, les chapelles… Quand on assiste à une catastrophe, on va aller déposer des bougies, on participe à une marche blanche, c’est tout bonnement une procession ! Il y a un vrai désir d’avoir des lieux et des moments pour exprimer sa solidarité avec les autres sur des choses qui nous dépassent.

« Nous avons besoin de gestes : se signer avec de l’eau, embrasser une statue… Il y a une prière pour Notre-Dame du Roncier, prière qui n’est pas la même pour Notre-Dame de Querrien car ce n’est pas la même intuition à la base. Ça nous aide à prier.La piété populaire, ce n’est pas tout le temps et tous les jours. Le mois de Marie, c’est le mois de mai. Tout le monde n’est pas à même de rester sur les sommets.

« La piété vient des croyants est, à l’origine, la vénération des tombes des martyrs ; puis le culte à la Vierge Marie va se développer. Durant le deuxième Concile de Nicée, il fut autorisé de représenter Dieu. La foi chrétienne est une religion de l’incarnation.Une icône n’est jamais un élément de décor, elle nous aide à nous dépasser le mystère pour comprendre le message qui est derrière. A partir du XVIème siècle, on va penser la piété populaire comme un outil d’évangélisation ; l’exemple-type étant le chapelet.

« Nous avons à nous appuyer sur la piété populaire et à la réinventer pour qu’elle ne nous apparaisse pas secondaire mais essentielle pour annoncer l’Évangile ! Les jours derniers, le Pape François a accepté que des pèlerinages soient organisés à Medjugorje car il a senti qu’il se passait quelque chose d’important là-bas. Là aussi, c’est de l’ordre de l’intuition. »

Participez au Grand Pardon 2019

Comme chaque année, le Sanctuaire Notre-Dame du Roncier organise son grand-pardon. Cette année, il se déroulera les 7 et 8 septembre et sera co-présidé par le Cardinal Robert Sarah, préfet du culte divin à Rome, et Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes. Le thème retenu est : « Avec Marie, il visite et rachète son peuple ».

Les autres pèlerinages proposés

En France ou à l’étranger, d’une journée ou sur une semaine, le Service diocésain des Pèlerinages vous propose de nouvelles destinations chaque année.

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