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Retour sur la messe chrismale 2021 en l'église Saint-Michel de Saint-Brieuc

La messe chrismale a été célébrée le mardi 30 mars en l’église Saint-Michel (St-Brieuc) durant laquelle Mgr Denis Moutel bénit les huiles saintes et consacre le Saint Chrême. Cette huile servira pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre. Au cours de cette messe qui manifeste l’unité de l’Église diocésaine autour de son évêque, les prêtres renouvellent leurs promesses sacerdotales : être fidèles aux engagements attachés à la charge ministérielle, célébrer les sacrements et annoncer la Parole de Dieu avec charité. Le nombre de place à la messe chrismale étant limité à cause des consignes sanitaires, chaque paroisse a convié 2 à 3 fidèles. RCF Côtes d’Armor, présent sur place, a permis la retransmission de la célébration en direct.

Les moments-fort en vidéo

Les photos de la célébration

Messe chrismale 2021

L'homélie de Mgr Denis Moutel

Au cœur de la semaine sainte, la messe chrismale est cette célébration solennelle où notre Eglise diocésaine, s’assemble, comme partout dans le monde. C’est pour cela que nous prions souvent au cœur de l’Eucharistie : « Humblement, nous te demandons qu’en ayant part au corps et au sang du Christ, nous soyons rassemblés par l’Esprit Saint en un seul corps ». (Prière eucharistique N°II).

Ainsi, plus encore aujourd’hui, nous sommes appelés à devenir vraiment le corps du Christ, comme nous le chantons : « devenez ce que vous recevez » suivant les mots de Saint Augustin. Et il ajoutait : « Tu entends « Le corps du Christ » et tu réponds : »Amen ». Sois un membre du corps du Christ, afin que ton « amen » soit vrai. ».

Mais à quoi allons-nous dire oui ? Pour quelle mission sommes-nous appelés ?

Ce n’est pas si simple de nous assembler dans cette crise sanitaire qui dure. Nous devons encore nous éloigner plutôt que nous rapprocher afin de protéger les autres par une juste distance. Mais nous continuons pourtant à demander l’Esprit Saint de nous rassembler. Nous demandons que la vie du Christ mort et ressuscité passe en son corps tout entier, en son Église, en chacune et chacun de nous pour le salut du monde. Cette action de l’Esprit Saint est proclamée par les prophètes (en Isaïe) et reprise par Jésus, le « lecteur du jour » dans la synagogue de Nazareth :

« L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouvent la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. » (Luc 4, 16-21)

En saint Luc, l’Évangile désigne Jésus comme l’envoyé du Père, comme celui qui porte l’onction, c’est-à-dire, le Messie, le Christ. C’est cela aussi qui est premier dans la vie des chrétiens : envoyés, consacrés pour être envoyés.

Envoyés, c’est-à-dire que nous ne pouvons pas garder pour nous l’Évangile que nous avons reçu. Pour être des témoins, pour reconnaître les dons que Dieu fait aux hommes, pour accueillir son amour en nous et le porter autour de nous, nous avons besoin d’être renouvelés.

Nous suivons le Christ dans cette semaine sainte ; nous le voyons laver les pieds de ses disciples et se faire serviteur ; nous sommes avec lui devant la croix, pour ce don total où il où il se tient auprès du plus perdu, du plus abandonné, pour porter les souffrances des hommes et nos péchés. Nous recevrons au jour de Pâques l’annonce de sa Résurrection, la réalisation des promesses de Dieu, l’appel à aller, avec Lui, vers son Père et Notre Père.

Le Seigneur nous rejoint chacun dans la situation où nous sommes : sur-actif ou fatigué, confiant ou découragé, relié ou trop isolé, dans le doute sur la foi ou en chemin comme catéchumène. Par sa Parole et ses sacrements Il nous offre le renouvellement de nos vies, de notre espérance : huile des malades, huile des catéchumènes, saint-chrême de l’onction des baptisés, des confirmés et des prêtres. En vivant tout à l’heure ces signes, en recevant les paroles dites et en regardant les gestes posés, nous nous ouvrons simplement au Christ qui agit dans son Église, pas seulement pour elle-même mais pour le monde.

Le corps de l’Église peut vieillir, il peut être malade et doit sans cesse travailler à sa purification, le corps de l’Église est blessé aussi dans ses enfants abîmés par le mal que l’on n’a pas vu. Le corps de l’Eglise est affaibli. Mais le corps de l’Eglise est vivant de l’amour reçu de son Seigneur, du désir des catéchumènes, de la prière assidue des communautés religieuses, de la force des malades, de l’engagement des consacrés et des « disciples missionnaires ».

A vous tous, frères et sœurs, qui êtes membres de ce corps dont le Christ est la tête, je veux redire les paroles entendues dans l’Apocalypse de Saint Jean : « Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Jésus le Christ, le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts, le prince des rois de la terre. » (Apoc 1,5)

Je veux me tourner vers vous, les prêtres. C’est le renouvellement aussi pour nous ! C’est, dans un instant, la rénovation des promesses de votre ordination. Il n’’est pas toujours simple de nous consacrer à l’essentiel de notre ministère, tellement la multiplicité des tâches peut nous accabler. Je suis heureux que nous soyons engagés, avec les prêtres du diocèse de Quimper dans une « démarche de renouveau du ministère presbytéral pour la mission ». Nous savons que nous avons toujours des conversions à vivre, moi le premier, pour un ministère presbytéral vraiment missionnaire et fraternel. Ce n’est pas sans le peuple de Dieu, mais avec tous les fidèles du Christ : laïcs, religieux, consacrés, diacres. Merci aussi à vous tous de choisir des relations justes, de rechercher avec les paroles et les gestes de communion qui nous font vraiment vivre du Christ et témoigner de Lui.

Et vous, frères diacres, qui recherchez parfois votre juste place, vous dont le ministère reste trop méconnu, soyez, dans le peuple de Dieu, ceux qui nous rappellent toujours le Christ serviteur. En allant parfois vers ceux qui sont plus loin vous ne quitterez pas le cœur de l’Église. En demeurant des priants et des veilleurs au cœur de l’Église vous ne quitterez pas les plus pauvres, les plus petits.

Chers frères et sœurs, au matin de Pâques, en bien des lieux, nous vivrons la vigile pascale d’une manière inédite. En nous levant un peu tôt nous passerons de la nuit à la lumière de l’aurore, du couvre-feu au feu nouveau. Offrons-nous avec le Christ tout au long de cette semaine pour recevoir en Lui la joie de la résurrection.

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