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Retour sur la rencontre inter-Église 2021 organisée par la Mission Universelle

La rencontre inter-Églises 2021 a eu lieu au Collège Notre-Dame de la Victoire, à Dinan, le mardi 20 juillet ; journée organisée comme chaque année par la Mission Universelle représentée par le Frère Denis Chamaret. Ce temps-fort permet d’accueillir les prêtres étrangers en mission d’été ; offrant ainsi quelques jours de repos aux prêtres costarmoricains, et soutien lors de la période estivale.

Photos de la journée

Rencontre inter-Eglises 2021

Zoom sur le programme de la journée

Après un temps d’accueil le matin, les 70 participants à la journée ont assisté à une présentation du thème de la semaine missionnaire 2021 (« Il nous est impossible de nous taire » – Actes 4,20, du 17 au 24 octobre) par Pierre Diarra, théologien de l’Union Pontificale Missionnaire. Aaron, délégué pastoral sur la paroisse de Dinan, a présenté les réalités pastorales de sa paroisse et Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, a également pris la parole autour de la pandémie notamment.

L’après-midi fut consacré à des témoignages de deux prêtres missionnaires et à l’intervention de Stéphane Melot, diacre permanent, responsable d’une équipe mobile de soins palliatifs à Dinan. Les participants ont également eu le droit à la présentation de deux grandes figures de l’Église Universelle :

  • Pauline Jaricot, nommée patronne des missions par le pape François, et prochainement béatifiée, faisant la joie du diocèse de Lyon dont elle est originaire
  • Père Ange Le Proust, fondateur de la Congrégation des Sœurs hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve, en voie de béatification. En mars dernier, la Congrégation fêtait leur 360ème anniversaire de fondation.

La rencontre inter-Eglise s’est terminée par une célébration eucharistique présidée par Mgr Denis Moutel en l’abbatiale de Léhon. Un beau moment de partage entre les prêtres en service d’été, les religieuses missionnaires et tous ceux qui se sentaient concernés par la mission, ici et là-bas.

Interventions du matin

Aaron, délégué pastoral de la paroisse de Dinan en fin de mandat, a témoigné de sa mission et des réalités locales. En voici quelques extraits :

« Notre paroisse de Dinan est forte de ses relais, soit un bassin de population de 22.000 habitants. Que dire de la mission ? Elle a été gratifiante même si parfois une Église locale a aussi ses soucis, avec ses aléas. Le synode diocésain nous a fort occupé, tout comme les deux semaines missionnaires avec la présence des reliques de Sainte Thérèse lors de la première édition. Ce fut l’occasion de créer des liens avec les paroisses voisines : Saint-Samson et Evran. Nous avons réussi à amorcer une mutualisation de nos moyens avec la paroisse d’Evran. Avec le Conseil économique, nous nous sommes également occupés, depuis cinq ans, à la rénovation du presbytère de Dinan qui dépasse le million d’euros.

« Le premier confinement fut pour notre paroisse une sidération, ce fut un traumatisme pour les paroissiens et les familles en deuil. Nous sommes cinq guides de prière, mais âgés de plus de 70 ans, nous avons été mis sur la touche. Le Père Jean, le Père Aimé et Jean-Luc Drapeau, diacre permanent, ont pris notre relai. Pour ma part, j’ai tenu la permanence téléphonique. Mon action s’inscrit dans ma foi au Christ et je fais de cette citation de Paul Ricoeur, philosophe français, mon adage : « Une vie bonne, avec et pour l’autre, dans des institutions justes ». Je n’oublie pas non plus la mobilisation de l’EAP, nous avons conservé le bulletin paroissial, nous avons préparé au moment de Noël des paniers pour les plus pauvres et les plus démunis en partenariat avec les associations locales. »

Mgr Denis Moutel a pris la parole pour donner son sentiment sur la période que nous vivons actuellement et sa vision de la mission (extraits) :

« Il y a dans cette épreuve de la pandémie, l’indice que nous sommes liés, dépendants les uns des autres. Nous sommes de l’humanité que le Seigneur aime et veut rassembler. C’est très important que cette journée inter-églises se tienne !

« A partir de la mi-mars, il y a eu comme un coup d’arrêt. Cela a invité les communautés de prêtres à une vie fraternelle renouvelée. Je veux souligner les initiatives de solidarité et de charité qui ont été prises partout dans l’Eglise catholique en France et dans notre diocèse. On ne pouvait plus recevoir le corps du Christ de manière directe alors on s’est mis à l’écoute de la Parole de Dieu. On a mieux découvert l’importance de cette écoute. Je pense aussi à mes frères prêtres qui ont réfléchi à comment renouveler leur sacerdoce, aidés par les laïcs engagés en Eglise. Je pense au caté, il y a eu des efforts pour retrouver les enfants et les jeunes. J’ai visité cet été les camps d’été de la Pastorale des Jeunes, c’était beau de voir leur entrain retrouvé. Je pense que nous pouvons inventer des formes différentes de catéchèse, en petit et grand groupe, je suis également sensible au parrainage ‘sacramentelle’ des enfants.

« On ne doit pas oublier non plus les défis climatiques qui demandent notre attention, notre prière et notre action. En Occident, il y a un appel à voir autrement la croissance, la toute-puissance. On s’est découvert dans la fragilité, et nous devons apprendre à vivre fraternellement avec ces fragilités. En raison de notre baptême, il nous faut témoigner de l’espérance chrétienne de plusieurs manières, en revenant au Christ qui est Sauveur. Il y a aussi la prédication qui est le premier temps de la mission… Revenir, en raison même de la mission, à l’eucharistie en invitant largement. Je suis frappé que certains se retirent car la santé ne suit plus et craignent de déranger. Nous devons avoir le souci de cette réalité et d’aller les visiter. Ne vivons pas la vie chrétienne de manière autocentrée, pour nous-même mais pour les autres.

« Au mois d’octobre, nous sommes invités par le Pape François à entrer en synode avec l’Église universelle. Ce synode nous invite à vivre la synodalité, j’y vois la recherche de l’intérêt de tous pour la mission. »

Pierre Diarra est théologien et membre du Conseil pour les relations interreligieuses et les nouveaux courants religieux à la Conférence des Évêques de France (CEF). Il est intervenu pour présenter le thème de la semaine missionnaire 2021 : « Il nous est impossible de nous taire » (Actes 4,20) du 17 au 24 octobre (extraits) :

« ‘Il est impossible de nous taire !’ (Actes 4,20) A quoi cela nous pousse ? On peut dire que les Actes des Apôtres est la suite des Évangiles. Nous avons le témoignage au cœur même d’une tradition théologique. On sent bien qu’il y a des discours, notamment de Pierre et de Paul, qui pourraient se résumer de la façon suivante : ils sont les témoins de Jésus mort et ressuscité. L’Esprit Saint joue un rôle majeur car il en fait des témoins actifs. Comme Jésus, ils prêchent et endurent l’hostilité des juifs ; comme Jésus, ils souffrent et sont menacés de mort. Une destinée semblable existe entre le Christ et ses témoins. Pour les disciples de Jésus, il n’y aucun autre autre ‘nom qui est au-dessus de tout nom’ (Ph 2,9s). Ce n’est plus la croix qu’il faut mettre au centre de la théologie mais l’offre de salut appuyé sur la certitude de la Résurrection. Témoigner du Christ, c’est confesser sa foi, même en temps de persécution. Comment pouvons-nous être des signes dans notre monde ? Nous avons reçu l’Évangile gratuitement, donnons-le gratuitement (cf. Mt 5,45 & 10,8). Donnons donc à l’Église les moyens de continuer partout à proposer le Christ à tous les êtres humains. Nous participons à la vie de l’Église et à la mission en tant que baptisés. »

« Ce thème nous invite à être prophète mais nous avons besoin de l’Esprit Saint pour ne pas avoir peur de témoigner, de dépasser nos craintes », a pris la parole une religieuse à la suite de l’intervention de Pierre Diarra. « Oui nous ne pouvons pas nous taire, nous devons annoncer l’amour, la justice, la paix », a-t-il répondu cette dernière. « On ne doit pas se contenter de prier, nous devons également nous mobiliser. Cela doit être notre réponse à cet amour infini qui nous est proposé. »

« Dans les premières années de mon travail, je me suis intéressé aux grandes questions éthiques, notamment autour des personnes en fin de vie. Je me suis engagé à la suite du Père Patrick Verspieren, enseignant d’éthique biomédicale depuis 1980 au Centre Sèvre, au nom de ma foi afin d’apporter la juste réponse en équipe avec d’autres. Mon épouse est infirmière, auprès de patients atteints de maladies chroniques, nous avons quatre enfants dont deux engagés dans le monde du soin en tant que kinésithérapeute et médecin généraliste. Je suis discret sur ma foi mais les choses sont sues et cela offre de belles rencontres.

« Je suis un enfant de Vatican II, je suis né dans la mouvance du Concile. Une lecture évangélique du monde de la santé et de la société est un vrai signe des temps aujourd’hui. Je rencontre aussi des non croyants qui s’engagent auprès de personnes en fin de vie avec des valeurs que je partage. On prend part à une action militante, volontariste. Comme chrétien, je me rends compte que le Royaume est déjà là présent et cela fait ma joie. L’Évangile est en train de se réécrire dans la culture d’aujourd’hui. On a besoin que la société civile et la communauté ecclésiale s’engagent auprès de nous. »

Tweet de Mgr Denis Moutel

Homélie de Mgr Denis Moutel

« Dans les diocèses d’un certain nombre de pays d’Afrique, j’étais impressionné par l’appellation que l’on donne aux Églises particulières – les diocèses -, on dit ‘Église Famille de Dieu’. L’exhortation apostolique qui concluait le synode pour l’Afrique s’adressait notamment et en tout premier lieu aux ‘Églises Familles de Dieu’ du continent africain. C’est une belle manière de comprendre que nous recevons une famille, vous avez sous les yeux une ‘Église Famille de Dieu’. Vous vous rendez compte tous les frères et sœurs qui nous sont donnés pour écouter la Parole de Dieu ?

« En Afrique, on prend le papa, la maman, mais aussi les oncles, les tantes, les cousins… chez nous aussi ! C’est tellement important. On dit de ceux qui écoutent la Parole de Dieu qu’ils sont la famille de Dieu. Jésus même dit : ‘Qui est ma mère ? Et qui sont mes frères ?’ Lui étendant la main vers ses disciples, ils les désignent. ‘Voici ma mère, mes frères. Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux Cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère’. Frères et sœurs en Jésus-Christ, ceux qui écoutent la Parole, qui cherchent simplement à faire sa volonté, vivent leur grande traversé, chemin de liberté, de l’action éclatante de Dieu qui n’abandonne pas ses enfants ni son peuple.

« Nous venons célébrer l’eucharistie du Seigneur au terme de cette journée [inter-Églises] d’échanges et d’écoute, nous venons avec toutes nos traversées, les douloureuses, les périlleuses dans la vie de certaines familles, de nos Églises, de nos pays ; mais aussi des traversées de confiance, de solidarité, de fraternité. Nous voyons bien dans l’Évangile de ce jour reçu en Saint Matthieu que nous formons la famille de Dieu à travers l’accueil des frères et sœurs qui nous sont donnés. « Fratelli tutti, tous frères », nous dit le pape François. A vrai dire, nous ne choisissons pas nos frères et sœurs biologiques, ils nous sont donnés ; nous ne choisissons pas non plus nos frères et sœurs spirituels, nous avons à les choisir tous les jours pour compter sur eux, sur leurs prières, leur soutien, leur bienveillance, leur vie fraternelle dans les communautés où nous sommes présents.

« Merci d’être là pour être frères avec nous, pour être frères et sœurs ensemble, pour former l’Église Famille de Dieu. »

L’équipe diocésaine de la Mission Universelle a invité à cette rencontre inter-Eglises les religieuses missionnaires, les prêtres Fidei Donum, les prêtres en service d’été ainsi que tous ceux et toutes celles qui portent le souci de la Mission ici et au loin. 70 personnes ont répondu à l’invitation cette année.

En 2021, le diocèse de Saint-Brieuc accueille 17 prêtres au mois de juillet, dont un du Cameroun, deux du Congo Brazzaville, deux de RDC Kinshasa, un du Rwanda, quatre du Togo, trois du Bénin, un du Sénégal, un de Côtes d’Ivoire et deux d’Haïti. Et 14 prêtres au mois d’août, dont trois du Togo, six de RCD Kinshasa, un du Bénin, un du Rwanda, deux du Cameroun, un du Congo Brazzaville. Trois prêtres resteront les mois de juillet et d’août ; et un en août et en septembre.

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