Originaires de Dinan et d’ailleurs, ils ont entre 15 et 17 ans et ne se connaissaient pas jusqu’à présent, pour la plupart. Quelle belle aventure ils ont vécu ensemble ! Le 18 juillet dernier, ayant accepté de quitter leur confort et leurs habitudes, ils se sont mis en route pour rallier Sainte-Anne-d’Auray, à pied, au départ du sanctuaire Notre-Dame de Toute Aide de Querrien (La Prénessaye). Ils ont parcouru entre 15 et 30 kilomètres par jour, découvrant la Bretagne comme jamais.

Dans les sacs à dos ?
Le strict nécessaire ! Il fallait porter ses propres affaires mais garder de la place pour l’intendance commune. Chaque soir, une petite équipe était chargée de repérer le tracé du lendemain et de guider la troupe, le jour venu, à travers forêts et champs. Un itinéraire plein de surprises ! Le chapelet quotidien a rythmé les pas des pèlerins. Les intentions, recueillies auprès des hôtes et des personnes rencontrées en chemin, ont permis d’élargir leur prière aux dimensions du monde.
Au terme de cette longue marche, les attendait Sainte Anne ! Parvenus le 25 juillet au sanctuaire qui lui est dédié, ils ont participé au grand pardon, clôturant leur pèlerinage en Église et dans l’action de grâce pour tout ce qui avait été vécu !
Le parcours en bref
- 14 juillet 2026 : de Dinan à Brusvily (pré-camp de quatre jours)
- 15 juillet 2026 : direction Broons
- 17 juillet 2026 : direction le sanctuaire diocésain de Querrien
- 18 juillet 2026 : direction La Chèze
- 19 juillet 2026 : direction à l’abbaye Notre-Dame de Timadeuc
- 20 juillet 2026 : direction Réguiny
- 21 juillet 2026 : direction Locquimé
- 22 juillet 2026 : direction Plescop
- 23 juillet 2026 : direction Arradon
- 24 juillet 2026 : direction l’abbaye de Sainte-Anne d’Auray
- 25 juillet 2026 : participation au grand pardon de Sainte-Anne d’Auray


Témoignages
Père Mathieu
C’est la plus longue expérience d’itinérance qu’il m’ait été donné de vivre, jusqu’à présent. Je suis si heureux d’avoir été capable d’aller jusqu’au bout et d’avoir pu vivre cela avec chacun.
Lorsque nous avons monté ce projet, j’ai eu envie de lui donner une dimension de pèlerinage en nous faisant parvenir au sanctuaire de Sainte Anne, pour le grand pardon. Le pèlerinage à pied est une pratique qui se vit de bien des manières, depuis très longtemps. Nous marchons dans les pas des chrétiens qui nous ont précédés. Vivre cela avec d’autres, et au service des plus jeunes, ça donne sens aussi !
La vie de nomade nécessite un vrai dépouillement. Cette simplicité matérielle à laquelle nous avons tous consenti nous a permis de rentrer dans une grande qualité de relation, notamment avec les jeunes. Tout se simplifie.
Enfin, l’itinérance nous apprend à vivre l’inattendu. Nous redoutons l’inconnu… Mais en marchant, on y voit une chance !
Antoine
J’ai beaucoup aimé le fait de vivre un camp en itinérance. Je recommencerais volontiers ! Vivre en chemin, cela ne m’est pas difficile. Au contraire, c’est une chance de pouvoir bouger tous les jours ! La marche aide la vie de prière. J’ai été heureux de redécouvrir la prière du chapelet.
L’ambiance du groupe était bonne : chacun s’est très bien intégré. Nous avons beaucoup ri, en particulier lors des veillées.
J’ai beaucoup aimé les rencontres que nous avons faites avec les différents “témoins” venus nous retrouver. Ils n’avaient rien de classique. Seyram m’a particulièrement marqué. Son histoire était vraiment extraordinaire ! Nous avons aussi vécu de belles rencontres avec ceux qui nous ont offert l’hospitalité ainsi qu’avec des gens croisés en chemin.
A mon retour, je raconterai ce que j’ai vécu cet été : des vacances comme personne n’en passe ! Cette expérience m’a donné envie de repartir pour des pèlerinages plus longs encore !
Elouan
Habitué, jusqu’à présent, aux colonies, c’était mon premier camp en itinérance.
Spirituellement, ça m’a grandi. C’est l’apport principal de ce pèlerinage, selon moi. J’ai été baptisé récemment. J’ai d’abord été “tout feu tout flamme”. Mais ces derniers mois, j’étais dans une période de relâchement. Ce pèlerinage m’a remis en chemin dans ma vie de foi. Il m’a permis de réapprendre à prier régulièrement et de vivre ma foi avec d’autres chrétiens.
L’aspect social du pèlerinage m’a beaucoup plu ! Si j’ai grandi, c’est aussi grâce aux personnes rencontrées et qui m’ont inspiré. Les témoins venus nous raconter leur parcours de vie ont vécu des expériences peu communes. Ils ont remis en question certaines idées que j’avais et étaient de nouveaux modèles de foi. J’ai été sensible à ce que nous a partagé Léon. J’ai un parcours et un rapport à la foi un peu similaires aux siens. L’histoire de Daniel m’a impressionné : il a été secouru par le Sauveur à de multiples reprises.
Au sein de notre groupe, une très bonne entente régnait. Notre effectif nous a permis de créer des liens forts alors qu’on ne se connaissait pas. Chacun a fait preuve d’une grande ouverture et d’aptitudes relationnelles qui m’ont marqué.
J’ai découvert ce qu’est la Providence. C’était la première fois que j’en entendais parler. Les religieuses qui nous ont accueillis, peu de temps avant notre arrivée à Auray, m’en ont donné un bel exemple. Elles ne vivent que de cela ! Et c’est le jour même où nous avions évoqué cette thématique qu’elles nous ont expliqué l’abandon dont elles font preuve au quotidien. J’admire cet acte de foi très fort.
L’aspect physique de ce périple était intéressant : on a dû fournir un vrai effort, se dépasser… Et, en même temps, ce n’était pas insurmontable. J’appréhendais, initialement…
Ambroise
Initialement, je n’étais pas très motivé à l’idée de vivre ce pèlerinage. Mais j’ai vite eu un déclic quand j’ai vu l’ambiance qui régnait dans l’équipe ! La cohésion de groupe a été très rapide. Le fait d’avoir marché ensemble m’a donné l’impression qu’on était partis depuis bien plus longtemps et que l’on se connaissait depuis toujours !
J’ai beaucoup aimé la prière du chapelet. Elle est simple, adaptée à la marche. Prier en chemin, c’était nouveau pour moi … J’ai trouvé que ça avait beaucoup de sens de méditer les mystères tout en avançant.
Il y a eu quelques difficultés, mais nous nous encouragions les uns les autres. C’est le groupe qui nous entrainait !
L’itinérance, c’est formidable ! Marcher vers un sanctuaire, ça donne du sens à ce que l’on fait. L’aspect spirituel était ainsi très présent. Et le mouvement permet de créer des liens de manière différente, en comparaison avec un camp plus classique.
Sinoë
Cette expérience était une première pour moi ! C’était la première fois que j’en vivais une de ce type.
C’était très satisfaisant d’arriver à l’étape, chaque soir. Et, en même temps, le chemin comptait tout autant que l’arrivée. On attendait d’arriver à Sainte Anne d’Auray… Mais ce qu’on a vécu, jour après jour, c’est ça surtout dont on se souviendra !
Ce camp, c’était aussi l’occasion de découvrir la religion catholique pour me forger un vrai avis. Je vois la prière différemment à présent : j’ai compris que c’était plus qu’un devoir, un vrai soutien pour surmonter les épreuves. Les membres de notre groupe et les gens rencontrés m’ont donné des exemples de vies vécues avec la foi (une foi avec laquelle certains ont grandi ou toute neuve pour ceux qui ont découvert Dieu récemment). Je vois bien que cela donne sens à la vie de chacun.
J’étais content de bouger de chez moi ; je n’avais pas l’impression de rater quelque chose. A présent, je ne ressens pas le besoin de rentrer à la maison. Je ne me suis pas senti déstabilisé par ce mode de vie où l’on changeait chaque jour de lieu. Au contraire, c’était bien !
Françoise
Ce camp, c’est l’histoire du réel qui dépasse, de loin, le projet de départ. Projet d’un camp en itinérance qui devient Pèlerinage : chaque pas gagne en sens, chaque rencontre est l’occasion de proposer de porter une intention, et bien souvent d’ouvrir les cœurs, de partager en vérité les soucis de nos frères et sœurs. Il m’a semblé que marcher pour porter un peu l’autre pourrait occuper toute une vie, qui serait bien belle.
Projet d’accueillir des catholiques et des non-croyants, afin de donner la possibilité à nos jeunes de partager, d’expliquer leur foi à leurs amis, tout en vivant une aventure fraternelle. Et si ces conversations ont eu lieu, nous avons tous été saisis par l’ouverture d’esprit, l’accueil qui nous était donné de notre foi … quelle école de tolérance !
Projet d’un camp ouvert sur le monde… encore fallait-il le pouvoir… mais jusque sur la route, le Ciel nous a offert des témoins, des hôtes, des rencontres fortuites, des anges-gardiens (des aînés des EHPAD de Dinan) dont la diversité d’états de vie, de vocation, de profession, d’âges, de caractères, … et l’authenticité des échanges me laissent sans voix.
Projet d’une pièce de théâtre qui au gré des conseils se transforme en Mystère de St François … Or, qui aurait pu être un meilleur guide sur la route du dépouillement et de la contemplation ? Pièce en partie musicale où deux pros du Conservatoire de Paris viennent nous entraîner alors que la plupart d’entre nous ne savons pas chanter et pourtant dont l’ardeur, la joie et le soutien nous a semblé sans limite ! Le Ciel a donné beaucoup… et tout cela pour donner un temps de partage avec nos prêtres retraités… même pas prévenus de notre arrivée… de quoi rester simple et savoir rire de tout !
Il y aurait tant à dire encore… L’autel réalisé avec tous nos sacs entremêlés lors d’une messe en pleine forêt, à la fois offrandes et pierres vivantes…
La joie de découvrir la Mama de la Mama à Auray, de s’y sentir « à la maison », en grande fête de famille avec le Pardon qui réunissait toutes les têtes chapeautées de l’Église de Bretagne, symboles de toutes nos paroisses et communautés.
Mais je terminerai par l’union et la vie fraternelle du groupe. C’est probablement le plus beau trésor de la vie : pouvoir vivre en vérité de belles relations… approfondies par la simplicité du bivouac, le dépouillement de la route, les prières communes, les fous rires, la joie, les 1001 discussions où l’on prend le temps de se raconter, d’écouter, d’apprendre le langage de l’autre…
Deo Gratias pour tout ! Et mille merci au bureau de TRAIT D’UNION – association d’éducation catholique dinannaise – qui a permis ce projet et à nos prêtres pour s’être relayés en paroisse afin de nous offrir la présence du Père Mathieu !
« Me zo Anna, mamm Mari »
Entre 1623 et 1625, le petit village de Keranna en Pluneret (29) vit au rythme des apparitions de sainte Anne à Yvon Nicolazic. Le 25 juillet 1624, elle révèle son nom : « Me zo Anna, mamm Mari / Je suis Anne, mère de Marie ». Dans une autre apparition, elle dit à Yvon Nicolazic : « Dieu veut que je sois honorée ici ». Depuis, une foule innombrable de pèlerins vient lui confier ses joies et ses peines. Le diocèse de Vannes et le sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray ont fêté en 2025 le 400e anniversaire des apparitions de sainte Anne à Yvon Nicolazic par un Jubilé SAINTE ANNE 1625-2025. En venant à Sainte-Anne-d’Auray, vous découvrirez le sanctuaire le plus prestigieux de Bretagne, honoré par la visite, en septembre 1996, du pape Jean-Paul II.


Qu’est-ce qu’un « Fioretti » ? Définition de Larousse.
Recueil attribué traditionnellement à saint François d’Assise (fin XIVe sècle).
Ce bouquet d’anecdotes et de miracles attribué à saint François et à ses compagnons a été composé un peu plus d’un siècle après la mort du saint et traduit du latin à la fin du XIVe siècle. Si la part de la légende et du merveilleux y est grande, ces textes remontent, par tradition orale et écrite, à des témoins proches de saint François et sont fidèles à son esprit.
L’ouvrage relate notamment que le saint exposa à frère Léon la joie parfaite, consistant à se glorifier des tourments et des injures par amour du Christ, qu’il prêcha aux oiseaux et convertit le très féroce loup de Gubbio, guérit un lépreux d’âme et de corps, convertit trois brigands homicides, prêcha nu à Assise « sur le mépris du monde, sur la sainte pénitence, sur la pauvreté volontaire, sur le désir du royaume céleste, et sur la nudité et les opprobres de la passion » du Christ, et qu’il apprivoisa des tourterelles sauvages.