Homélie de Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier
De la peur à l’étonnement
« Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. » (Mt 8,25)
La tempête sur le lac est sans doute liée à la météorologie locale de la Galilée. Aujourd’hui, on y verrait peut-être l’effet d’un dérèglement climatique. En tous cas, les mots disent l’anxiété et la peur. Mais Jésus agit. Debout, il menace les vents et la mer. Nous savons, dans le contexte, qu’il s’agit d’une annonce de la résurrection : l’amour a vaincu le péché, la vie a vaincu la mort.
Dans ce temps de rentrée, nous pourrions être saisis par l’inquiétude, devant les incertitudes du moment ou bien l’accumulation des choses à faire. Choisissons plutôt l’étonnement : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? » Nous restons étonnés devant le Christ Jésus et le salut qu’il vient accomplir. C’est notre mission dans chacun de nos services pour le diocèse.
Soyons disponibles pour l’étonnement. C’est l’attitude que je vous propose aussi à quelques jours du voyage apostolique du pape Léon XIV en France. Soyons disponibles aux paroles qu’il nous adressera. Soyons dans l’écoute avec un cœur ouvert, avec un cœur bon et généreux.
Le temps de la création
L’hymne qui ouvre la lettre de Saint Paul aux Colossiens nous donne la profondeur de notre étonnement. « En lui, tout fut créé, dans le ciel et sur la terre. Les êtres visibles et invisibles, Puissances, Principautés, Souverainetés, Dominations, tout est créé par lui et pour lui. » (Col 1 16)
En contemplant le Christ, en nous mettant en sa présence, nous touchons tout ce qui est dans le ciel et sur la terre, les êtres visibles et invisibles.
Le « Temps de la Création » culminera le 4 octobre, jour anniversaire de la mort de Saint François d’Assise. Au début de ce mois, Léon XIV nous avait exhorté à prendre quelques minutes « pour faire une pause dans le tourbillon des activités quotidiennes afin de savourer la grande harmonie dont nous faisons partie ». « Mettons en ‘mode silencieux’ tous les bruits des œuvres humaines pour écouter la voix mélodieuse de la Création, dans laquelle Dieu, l’Auteur de toute chose, nous parle. » Au cours de son voyage, il nous mettra sans doute, une fois ou l’autre, « en mode silencieux ». Cet exercice contemplatif, qui favorise la rencontre avec le Seigneur, « constitue un premier pas vers une authentique conversion écologique ».
Chant d’envoi
Toutes les œuvres du Seigneur, Bénissez le Seigneur ! Vous les anges du Seigneur, Bénissez le Seigneur ! A lui louange pour toujours, Bénissez le Seigneur ! Bénissez le Seigneur !
Et vous la lune et le soleil, Bénissez le Seigneur ! Et vous les astres du ciel, Bénissez le Seigneur ! Vous toutes, pluies et rosées, Bénissez le Seigneur ! Bénissez le Seigneur !
Et vous montagnes et collines, Bénissez le Seigneur ! Et vous les plantes de la terre, Bénissez le Seigneur ! Et vous sources et fontaines, Bénissez le Seigneur ! Bénissez le Seigneur !
Et vous rivières, océans, Bénissez le Seigneur ! Vous tous bêtes et troupeaux, Bénissez le Seigneur ! Vous tous oiseaux dans le ciel, Bénissez le Seigneur ! Bénissez le Seigneur !
Vous, les enfants des hommes, Bénissez le Seigneur ! Les esprits et les âmes des justes, Bénissez le Seigneur ! Les saints et les humbles de coeur, Bénissez le Seigneur ! Bénissez le Seigneur !

Label Église verte. La Maison Saint-Yves, « cep de vigne »
Le label n’est pas une fin en soi mais un outil de progression
Le label Église verte s’adresse aux communautés chrétiennes reconnues, recommandées ou agréées par l’assemblée du Conseil d’Églises chrétiennes en France qui veulent s’engager pour le soin de la Création : paroisses, églises locales et aussi œuvres, associations, établissements chrétiens, monastères et congrégations apostoliques. L’éco-diagnostic, questionnaire sur les pratiques écologiques des communautés engagées au sein du label Église verte, permet de mener des actions en faveur de la sauvegarde de la Création.
Commencer est souvent le plus difficile, tant les enjeux sont immenses et les solutions semblent complexes. Grâce à une méthode pas à pas, le label a pour objectif d’aider une communauté à démarrer ou à renforcer sa démarche, et de l’accompagner dans sa progression. Le label n’est pas une fin en soi mais un outil d’encouragement et de progression. La Maison Saint-Yves a atteint le niveau 2 appelé « cep de vigne » à travers lequel notamment un programme d’actions est prévu. L’objectif ? Allier économies et écologie intégrale.
Cet outil national est à disposition de toutes les paroisses et églises locales mais également des monastères, des associations et des congrégations apostoliques qui veulent s’engager pour le soin de la Création. Le label s’appuie sur les expériences acquises dans divers pays (Royaume-Uni, Suisse, Canada, Allemagne…).
Intervention de M. Alexis Guérit, Secrétaire Général d’Église Verte
C’est important pour nous de redire que le soin de la Création n’est pas quelque chose de récent dans les faits, c’est une tradition qui remonte à la Genèse même de la Bible. Ce rapport de la Création a été très fort au tout début de l’Église et valorisé par un certain nombre de figures : sainte Hildegarde de Bingen et saint François d’Assise, par exemple. Nous avons aujourd’hui, depuis les années 1960-1970, tout un retour de la question. Nous avons une figure marquante dans la pensée : Lynn White (1907–1987) qui va amener Jean-Paul II à faire de François d’Assise le saint patron des écologistes. […]
« Église verte » est une association à but non lucratif créée après deux événements marquants : la sortie de l’encyclique Laudato si du Pape François (2015) sur la sauvegarde de la maison commune, et la COP 21 à Paris (2015) où les différentes confessions chrétiennes s’unissent pour porter un plaidoyer commun. […] L’écologie doit être un carrefour des engagements, des institutions et des bonnes volontés pour pouvoir engager nos différentes structures pour le soin de la Création. […] « Église verte » n’accompagne pas des individus mais des institutions. Nous accompagnons les structures à se poser des questions. […]
Nous ne sommes pas chrétiens et soucieux de l’environnement mais chrétiens car soucieux de l’environnement. Le premier frein que je perçois est que l’écologie n’est pas vu comme un levier d’évangélisation. On voit l’écologie comme un programme en plus et non comme un moyen pour nouer des contacts.

Intervention de M. Alexis Guérit, Secrétaire Général d’Église Verte devant les acteurs de la Maison Saint-Yves réunis à l’occasion de la rentrée pastorale.

L’équipe nationale et l’équipe diocésaine Laudato si devant la plaque apposée dans le hall de la Maison Saint-Yves, en présence de Mgr Denis Moutel.
Discours du pape Paul VI à l’occasion du 25e anniversaire de la FAO (16 novembre 1970)
C’est pour nous une joie profonde – un honneur aussi – de venir porter à notre tour à tette tribune la dette de gratitude et le cri d’angoisse et d’espérance de millions d’hommes, en ce 25e anniversaire de la FAO. Quel chemin parcouru depuis ce lointain 16 octobre 1945 où les représentants de 44 États étaient invités à signer l’acte constitutif de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. […]
Comment l’Église, soucieuse du véritable bien des hommes, pourrait- elle en effet se désintéresser d’une action aussi visiblement dirigée comme la vôtre vers le soulagement des plus grandes détresses et engagée dans un combat sans merci pour donner à chaque homme de quoi manger pour vivre, ce qui s’appelle vivre une véritable vie d’homme, capable, par son travail, d’assurer la subsistance des siens, et apte, par son intelligence, à participer au bien commun de la société, par un engagement librement consenti et une activité volontairement assumée ? […]
Il a fallu des millénaires à l’homme pour apprendre à dominer la nature, « à soumettre la terre » selon le mot inspiré du premier livre de la Bible (Gen. 1, 28). L’heure est maintenant venue pour lui de dominer sa domination, et cette entreprise nécessaire ne lui demande pas moins de courage et d’intrépidité que la conquête de la nature. La prodigieuse maîtrise progressive de la vie végétale, animale, humaine, la découverte des secrets même de la matière aboutiraient-elles à l’anti-matière, et à l’explosion de la mort ? En cette heure décisive de son histoire, l’humanité oscille, incertaine, entre la crainte et l’espoir. […]
Le bonheur est entre nos mains, mais il faut vouloir le construire ensemble, les uns pour les autres, les uns avec les autres, et jamais plus les uns contre les autres. Par delà les réalisations magnifiques de ces vingt-cinq années d’activités, n’est-ce pas l’acquisition essentielle de votre Organisation : la prise de conscience, par les peuples et leurs gouvernements, de la solidarité internationale ?