
La conférence de Samuel Bonvoisin, jeune agronome formé à l’hydrologie régénérative, a marqué les participants, venus nombreux, au-delà des rangs habituels du CMR. Plusieurs élus étaient présents. Notre évêque aussi. « C’est de la science, mais Samuel est bon pédagogue ; pourquoi ces données ne sont-elles pas davantage répandues ? » : l’importance de l’évapotranspiration des végétaux, du sol que nous perdons, l’importance du vivant dans les phénomènes hydrologiques. « L’adaptation pour faire face aux dérèglements climatiques, ce n’est pas suffisant. » Les principes de l’hydrologie régénérative ouvrent des possibles : ralentir – infiltrer – stocker – évapotranspirer – diversifier les paysages. Il faut changer d’échelle pour pratiquer la régénération, et réfléchir au niveau territorial… Des expériences montrent des résultats convaincants. Vous êtes curieux d’en savoir plus : vous trouverez sa conférence sur YouTube « Et si on pouvait cultiver l’eau ? » (Samuel Bonvoisin).
Le beau temps a permis un pique-nique au grand air ; plaisir des rencontres… Temps de respiration, prolongé d’une marche méditative jusqu’au champ des Apparitions proche. Dans la salle, un ensemble de textes et poèmes sur l’eau à découvrir près du stand CMR, et une maquette de bassin versant pour visualiser la circulation de l’eau dans les paysages.




Choix entre cinq ateliers
Témoignage de Dominique Billet et Philippe Bernas, animateurs du groupe « Église verte » de la paroisse Notre-Dame de la Baie, près de Saint-Brieuc : découverte pour beaucoup de la démarche Église Verte et d’une action sur l’eau, proposée aux paroissiens, avec des visites de stations de pompage et de potabilisation du secteur de Saint-Brieuc.
Témoignage de Cécile Maugis, agricultrice (production laitière à Pacé, en Ille-et-Vilaine). Elle a présenté son exploitation, et expliqué les discussions sur plusieurs années visant la rédaction d’un texte régissant le SAGE (schéma d’aménagement et de gestion des eaux) du Pays de Villaine. Texte dont la validation a été finalement refusé, ce qui a suscité beaucoup de réactions.
Témoignage de Jean Charles Michel et Bernard Iliou, engagé dans l’association Bretagne vivante : ils ont aidé à différencier zones humides et tourbières. Ils sont engagés dans la protection de la tourbière de Sérent, qui a pu échapper quelques années à une destination de pôle touristique, mais qui est à nouveau menacée…
Témoignage de Jean Luc Barbo qui a présenté l’étude HMUC (Hydrologie-Milieux – Usages -Climat) du pays de Saint-Brieuc. Il explique que c’est un long travail préparatoire à la rédaction d’un SAGE (schéma d’aménagement et de gestion de l’eau). Les services de l’État pourront s’y appuyer pour prendre leurs décisions. « 1900kms de tuyaux ; l’eau circule trop vite sur le bassin versant ». « Il faudrait que le sol stocke davantage l’eau ; refaire les méandres… ». « Peu de personnes savent d’où vient l’eau de leur robinet ». « L’eau est un patrimoine commun ; elle n’est pas assez chère, au regard de toute la dépollution qu’elle doit subir ».
Témoignage de Annie Bras-Denis, ancienne maire de Plouaret, territoire de Lannion Trégor Communauté. Elle a partagé son expérience d’avoir siégé au Comité Local de l’Eau (CLE), qui comporte 50% d’élus, 25% de représentants d’usagers, 25% de représentants des services de l’Etat. C’est une instance de discussion qui donne des orientations pour les SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau). Elle encourage dans son franc parler de citoyenne engagée : « Allez voir vos élus, demandez-leur des comptes, engagez-vous »…

La célébration eucharistique de fin d’après-midi s’inscrivait dans le temps de la Création 2026 avec le texte d’Ézéchiel 47 (9-12), et l’évangile de la samaritaine, suivis d’un temps de silence. Pour les prières pénitentielles et universelles, les diacres se sont inspirés des échanges de la journée. Le poème de la Création de St François d’Assise a été chanté, et même valsé dans sa forme « la valse des créatures ».
Après le repas du soir, dans le spectacle Eaudyssée, Pierre Henri Gouyon nous a déroulé l’odyssée d’une molécule d’eau, texte accompagné du flûtiste Jean-Luc Thomas ; ils nous a embarqués dans un univers des plus imaginatifs…
Une belle journée CMR, qui donne de l’élan à l’équipe régionale pour continuer à faire vivre l’action catholique et l’éducation populaire en milieu rural.
