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Le sacrement de réconciliation pour les néophytes et recommençants

Cette démarche de conversion à laquelle nous sommes tous invités, les nouveaux baptisés et les recommençants la font avec une particulière intensité. Les sanctuaires sont notamment des lieux importants pour la célébration du sacrement.

Cette démarche de conversion à laquelle nous sommes tous invités, les nouveaux baptisés et les recommençants la font avec une particulière intensité. « Ces hommes et ces femmes découvrent et vivent l’actualité du mystère du salut de l’intérieur même de leurs attentes et de leur existence souvent précaire. » – Mgr Claude DAGENS*, Lettre aux catholiques de France, éditions du Cerf, 1996

Une année post-baptismale déterminante. Durant l’année qui suivra leur baptême, ils vont faire un parcours de « mystagogie »** avec les équipes d’accompagnement tout en s’efforçant de s’insérer dans leur communauté.

Inscrire le sacrement de réconciliation dans cet itinéraire. Au bout d’un an d’expérience chrétienne, un premier bilan s’impose : « Baptisé, qu’as-tu fait de ton baptême ? Lui as-tu été fidèle ? À quoi Dieu t’appelle-t-il ? »

Comment le célébrer ? Cette mémoire du baptême pourrait prendre une journée. Après avoir fait le point sur le plan spirituel et avoir participé au sacrement de réconciliation, les néophytes pourraient au terme de l’action de grâce, être envoyés en mission.

* Mgr Claude DAGENS fut notamment doyen de la faculté de théologie de Toulouse (1981-1987), évêque auxiliaire de Poitiers (1987-1993), évêque d’Angoulême (1993-2015) et élu à l’Académie Française en 2008.

** La mystagogie désigne le temps qui suit le catéchuménat et qui correspond à l’initiation aux mystères de la foi.

Baptême

Zoom sur les recommençants

Qui sont-ils ?

Il s’agit de baptisés qui, après avoir perdu tout lien visible avec l’Église, à l’adolescence ou à l’âge adulte, « découvrent que la foi n’est pas d’abord un héritage culturel, mais un don de Dieu qui change la vie, la façon de la regarder et de la construire » (Mgr Claude Dagens). Alors, ils demandent à réentendre la Bonne Nouvelle et veulent reprendre une vie chrétienne. « Quand on a vécu une épreuve ou une découverte, on n’accueille pas la révélation de Dieu de la même façon que lorsqu’on a suivi un parcours relativement continu. » – Mgr Claude Dagens

L’intégration à la communauté.

Le sacrement de réconciliation est le lieu où se manifestent le plus clairement le renouvellement du baptême. Le mot de « réconciliation » marque mieux, peut-être, que le mot « pénitence » la portée interpersonnelle du sacre­ment de la confession : l’absolution nous réconcilie avec Dieu, mais aussi avec toute l’Église. L’intégration à la communauté s’exprime non par le sacrement et par la participation à un groupe paroissial de prière, de formation, de solidarité…

Reportage de KTO TV

Dimanche 31 mai 2026, en la fête de la Trinité, s’ouvrait en la cathédrale Notre-Dame de Paris l’Assemblée ecclésiale provinciale d’Île-de-France. Convoquée par les évêques des huit diocèses d’Île-de-France*, cette démarche a été initiée en raison de l’augmentation spectaculaire du nombre de baptêmes d’adultes et d’adolescents, et doit durer jusqu’à l’été 2027. Son thème : « Catéchumènes et néophytes, de nouvelles perspectives pour la vie de notre Église dans nos diocèses ».

* Diocèses de Paris, Meaux, Versailles, Évry-Corbeil-Essonnes, Nanterre, Saint-Denis, Créteil et Pontoise.

Pour aller plus loin

« La Réconciliation – Chemin d’initiation et de croissance ecclésiales », Editions CLD, mars 2020

Le sous-titre indique l’objet de ce livre, une réflexion sur le « sacrement de réconciliation, envisagé comme moyen pédagogique vital » pour un chemin d’initiation et de croissance ecclésiales. L’auteur s’appuie à la fois sur le Magistère et ses expériences pastorales pour voir comment le sacrement de réconciliation vécu régulièrement aide à la croissance de toute vie chrétienne et, par là, à une meilleure intégration des néophytes dans des communautés plus vivantes et missionnaires.

Le point de départ est un double constat : 1. L’augmentation du nombre de baptisés chrétien à l’âge adulte et la baisse généralisée de la fréquentation du sacrement de réconciliation / 2. La difficulté pour les néophytes de s’intégrer dans la communauté et de poursuivre leur chemin de croissance avec et au sein de celle-ci.

Aussi, l’auteur invite à nous demander dans quelle mesure le sacrement de réconciliation peut constituer un chemin de croissance, de réel néophytat entendu dans un sens large, apte à fortifier une jeune vie chrétienne, spirituelle et ecclésiale et de quelle manière. Le livre se termine par quelques propositions pastorales.

« Le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation », lettre pastorale de Mgr Denis MOUTEL, février 2025

« Avec vous et pour vous, frères et sœurs baptisés, je souhaite promouvoir une vraie pastorale de la miséricorde. […] Des célébrations communautaires, avec rencontres individuelles, sont célébrées avant les grandes fêtes, surtout Noël et Pâques. Cette forme permet d’honorer la dimension d’abord communautaire du sacrement. […] La dimension ecclésiale est centrale dans tous les sacrements, suivant les mots de Mgr Lucien Fruchaud : ‘L’Église a besoin de la réconciliation.’ […] Il est noté que les sanctuaires sont des lieux importants pour la célébration du sacrement : ‘Au Sanctuaire Notre-Dame-de-Toute- Aide à Querrien, on confesse tous les jours et à toute heure’.

« Dans le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation, nous redécouvrons sans cesse que nous sommes aimés de Dieu, dans la joie de la rencontre avec le Christ et le don de l’Esprit Saint. […] Aujourd’hui, dans un monde souvent marqué par le manque de confiance et la désespérance, beaucoup attendent la bonne nouvelle du pardon sans oser y croire. […] À nous de le dire, mieux encore, de le montrer car les fruits du pardon reçu finissent pas se voir et redonnent courage à ceux qui se sentent perdus. Les fruits du pardon sont paix et réconciliation, justice et solidarité. C’est le sacrement de l’Espérance. »