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Retour sur la marche sur les pas de François d’Assise le 3 octobre 2026

Une cinquantaine de participants se rassemblent devant Saint Joseph, le saint Patron de la communauté des Châtelets, avant d’entamer une marche méditative en cinq étapes. Au cours de ce parcours dans les bois des Châtelets, l’équipe de préparation propose de découvrir les étapes de la conversion de saint François et l’héritage spirituel qu’il nous a laissé par écrit, dans son testament.

Marche Sur Les Pas De François D’assise (1)
Marche Sur Les Pas De François D’assise (2)
Première étape

A l’invitation des sœurs, les pèlerins marchent silencieusement vers la statue de saint François où ils partagent leurs réponses à la question : « en quoi François nous parle-t-il aujourd’hui, est-il un inconnu, en quoi nous rejoint-il ? » Cette statue nous montre François dans les dernières années de sa vie. Il porte les marques de la passion de Jésus, son visage est tout tendu vers le ciel et nous invite à notre tour à l’écoute.

Deuxième étape

La marche reprend vers le calvaire où est évoqué par les religieuses la rencontre des lépreux : « Voici comment le Seigneur me donna, à moi frère François, la grâce de commencer à faire pénitence. Au temps où j’étais encore dans les péchés, la vue des lépreux m’était insupportable. Mais le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux ; je les soignais de tout mon cœur et au retour, ce qui m’avait semblé si amer s’était changé pour moi en douceur pour l’esprit et pour le corps. Ensuite j’attendis peu, et je dis adieu au monde. » Éclairé par l’Esprit du Seigneur, François, se met aussitôt au service des lépreux. Il voit maintenant l’étranger, qui est repoussant, avec les yeux de Dieu. Il fait l’expérience d’un amour qui dépasse ce qui fait horreur au monde. Il comprend ce que veut dire « aimer de l’amour du Christ ». C’est tout un chemin d’humilité, de dépassement, de réconciliation avec lui-même qu’il entreprend. Il se donne tout entier.

Troisième étape

La marche se poursuit en silence jusqu’à Notre Dame du Calvaire. La croix de saint Damien est sur l’autel avec une nappe et des fleurs. Continuons notre écoute du testament de François : « Le Seigneur me donna une grande foi aux églises, foi que j’exprimais par la formule de prière toute simple : nous t’adorons, Seigneur Jésus-Christ, dans toutes tes églises du monde entier, et nous te bénissons d’avoir racheté le monde par ta sainte Croix. » Cette phrase résume l’expérience qu’il avait faite après avoir rencontré les lépreux. « Il lui arriva de se promener un jour du côté de l’église Saint-Damien, une église presque en ruines et abandonnée de tous ; poussé par l’Esprit, il entra pour prier. Prosterné, suppliant devant le crucifix, il fut touché et visité de grâces extraordinaires. Et soudain il entendit, par un miracle inouï, cette image qui remue les lèvres, ce crucifié qui parle, l’appelant par son nom : « François, lui disait-il, va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruines ! » Tremblant, stupéfait, François était comme égaré, incapable de répondre. Il se mit en devoir d’obéir et concentra toutes ses forces pour exécuter. Poussé par l’Esprit, François entre dans cette chapelle délabrée, et vois le Christ crucifié seul, abandonné. Sans connaître le prophète Isaïe qui avait écrit : « Il s’est fait lépreux pour nous. » François superpose dans sa pensée sa rencontre avec le lépreux et ce Christ crucifié. C’est bien le même.

Pourtant, sur cette croix byzantine, François découvre à son étonnement un Christ vivant, ressuscité ! En effet, le Christ est debout, beau, serein, sa tête est entourée d’une auréole dorée, cruciforme, et non de la couronne d’épine. Ses bras son largement ouverts sur le monde. Le sang qui jaillit des mains et des pieds coule comme une source de vie. Son regard semble embraser le monde de compassion. Et voilà que ce Christ parle à François et l’appelle par son nom. Il prend conscience qu’il existe pour Jésus. Il se découvre aimé de Dieu.

Cette Bonne Nouvelle s’adresse à chacun de nous : « Dieu nous aime », « Dieu m’aime ! » C’est cela qu’il veut désormais annoncer à tout Homme. Dans cette rencontre indicible, François reçoit une réponse au « comment » accomplir sa sainte volonté. Cette volonté qu’il cherchait de tout son cœur. « François, va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruines ! » Aussitôt, par amour du crucifié, il se met au travail et commence à réparer matériellement l’église.

Plus tard, François comprendra, sous l’action de l’Esprit Saint, la portée de cette demande du Seigneur. L’Église de son temps était moralement délabrée et divisée. Réparer l’Église avec un grand « E » : peuple de Dieu, Corps du Christ, c’est lui redonner vie. Non pas en la critiquant, non pas en s’en séparant, comme de nombreux courants spirituels de l’époque mais par la conversion personnelle du cœur et par le témoignage de sa vie. Avec tout ce que l’Église traverse aujourd’hui, comment la parole de François résonne-t-elle en nous ? Aujourd’hui comment j’aime l’Église ?

Quatrième étape

La marche continue en silence vers la statue de saint Antoine : le don des frères et la fraternité universelle.

Antoine est né à Lisbonne en 1195, dans une famille noble. En 1220, il est profondément marqué par le martyre de cinq missionnaires franciscains au Maroc. Il devient frère mineur franciscain pour partir à son tour en mission. Grand prédicateur il rassemble des foules immenses et reste proche des pauvres et des petits. Il meurt à Padoue le 1er juin 1231. Regardons ensemble la statue. Antoine porte l’Évangile dans sa main gauche et Jésus, assis sur l’Évangile, dans sa main droite il tient un lys symbole de pureté. Très souvent on voit Jésus qui touche de cou d’Antoine pour que celui-ci transmette Sa Parole.

Les membres de l’Ordre franciscain séculier (OFS) animent cette étape. « Après que le Seigneur m’eut donné des frères, personne ne me montra ce que je devais faire, mais le Très-Haut lui-même me révéla que je devais vivre selon le saint Évangile. » Pour François, comme dans toute la Bible, le frère est un don de Dieu, que nous recevons. Nous ne choisissons pas notre frère, il nous est donné. C’est un cadeau qu’il nous faut découvrir de l’intérieur sans s’arrêter aux apparences. Et cette fraternité s’étend à tous, elle est universelle. Plus loin nous verrons qu’elle est aussi cosmique.

Lorsque le premier frère demanda à François, comment suivre Jésus, celui-ci l’invita à demander conseil à Dieu lui-même. Il entra dans une église avec frère Bernard et par trois fois ouvrit le livre des écritures. Et les trois textes concordaient… « Si tu veux être parfait, va vends tout ce que tu as et suis-moi » Voilà notre vie, dit-il, voilà notre règle et celle de tous ceux qui voudraient venir avec nous. « Alors je fis rédiger un texte en peu de mots bien simples, et le Seigneur Pape me l’approuva », continue-t-il dans son testament. Vivre l’Évangile, c’est rebâtir l’Église, Peuple de Dieu, Corps du Christ. Désormais, continue-t-il dans son testament : « Ceux qui venaient à nous pour partager cette vie, distribuaient aux pauvres tout ce qu’ils pouvaient avoir ». On peut se rappeler dans l’Évangile le jeune homme riche, qui était reparti tout triste, car il avait de grands biens. Hier comme aujourd’hui, Jésus nous redit : « On ne peut servir Dieu et l’argent. » C’est cela la « Radicalité de l’Évangile. » « Nous étions des gens simples, et nous nous mettions à la disposition de tout le monde. Moi, je travaillais de mes mains, et je veux travailler ; et tous les frères, je veux fermement qu’ils s’emploient à un travail honnête. » A l’heure de IA, la dimension du travail soulève bien des questions.

Dans sa lettre à tous les fidèles, qui traite de la question du travail de l’homme, le Pape Jean-Paul II écrivait en 1981 : « Dans son travail et par son travail, l’homme participe à l’œuvre divine de création de Dieu créateur. Il continue et développe la Création. Il exprime sa dignité. Il lui permet de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. » Pour François, le travail permet aussi de fuir l’oisiveté, mère de tous les vices ! mais il rajoute aussi : « Si après quoi, nous n’avons pas de quoi manger, n’ayons pas honte de recourir à la table du Seigneur, par l’aumône. » Avant de poursuivre la marche chacun peut relever une phrase de cette prière ou exprimer librement ce qui l’interpelle par cette dimension de la fraternité universelle.

Cinquième étape

La marche silencieuse nous amène à l’étang : la fraternité cosmique. L’équipe diocésaine Laudato si’ (Loué sois-tu) récite le Cantique des créatures écrit par Saint François à la fin de sa vie : « Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, louez et bénissez mon Seigneur, rendez-lui grâce et servez-le en toute humilité. »

Puis vient le temps de la Prière du Temps pour la Création 2026 : l’eau vive. « Seigneur de toute vie, tu as promis que partout où coule le fleuve, tout vivra. Suscite en nous l’appel à prendre soin des eaux, à protéger les bassins versants, à défendre les droits de l’eau et à honorer la dignité de ceux qui ont soif. Que ta Parole soit une source en nous, jaillissant pour la guérison des nations. Que Dieu notre Père, qui a fait jaillir l’eau du rocher, nous soutienne dans le désert. Que le Christ notre Seigneur, qui est l’Eau vive, nous rafraîchisse pour l’œuvre de restauration. Et que le Saint-Esprit nous porte sur les courants de la grâce jusqu’à ce que la justice coule comme les eaux et la vertu comme un ruisseau qui ne tarit jamais. Amen. »

En conclusion, nous chantons le Notre Père puis nous recevons la bénédiction de François dans son testament.

Au retour, nous partageons un goûter très convivial dans le jardin des franciscaines, puis nous célébrons le Transitus de saint François, à la chapelle, présidé par M. l’abbé Pierrick Jégonday, curé de la paroisse. Transitus signifie l’action de franchir un passage, d’aller plus loin. C’est ainsi que nous désignons la célébration de la mort de François d’Assise, chaque année, au soir du 3 octobre.

Marche Sur Les Pas De François D’assise (3)
Marche Sur Les Pas De François D’assise (4)