
Extraits de l’homélie de Mgr Denis MOUTEL, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier
C’est un apôtre que l’Église fête aujourd’hui : Saint Barthélémy. Cela tombe bien que nous commencions notre journée et notre année scolaire sous le signe de la mission confiée aux apôtres. […]
Quel qu’en soit le contenu, toutes nos missions portent une marque apostolique, ce qui indique deux points essentiels :
- Nous ne nous donnons pas la mission à nous-même, nous la recevons. C’est ce que signifie le mot d’apôtre : « apostolos », c’est-à-dire « envoyé ». Même si nous imprimons toujours notre marque, notre personnalité, dans nos engagements, nous le faisons toujours dans le cadre de convictions partagées avec d’autres et d’orientations données par l’autorité qui nous a institués.
- « Viens, suis-moi », c’est ce qu’a dit Jésus à chacun des apôtres. La réponse des apôtres est un engagement de toute leur personne. Ils devront donner d’eux-mêmes. Autrement dit, la mission n’est pas un accessoire, comme un vêtement que l’on pourrait revêtir puis enlever quand on pense pouvoir s’en passer. Notre responsabilité demande que l’on y mette du cœur.
Dans sa dernière encyclique « Magnifique humanité », le pape Léon XIV consacre six paragraphes à l’école. Il souligne le rôle central de l’école en parlant de la vérité comme bien commun. Il est assez inhabituel que nous nous interrogions comme il le fait sur l’amour de la vérité, dans le contexte des progrès de l’intelligence artificielle. Je le cite : « Si nous ne faisons pas attention, un système éducatif dépourvu d’amour pour la vérité risque de voir le jour, dans lequel le flux incessant d’informations se substitue à la recherche, à la réflexion et au discernement. Les connaissances fragmentaires se multiplient mais il devient plus difficile d’appréhender la réalité dans son ensemble, de poser des questions sur le sens des choses et de développer une véritable pensée critique et créative. De nombreux éducateurs perçoivent déjà les signes d’une possible déshumanisation où les personnes savent beaucoup de choses mais peinent à donner un sens à leur vie, notamment en raison de leur incapacité à relier les informations et les connaissances, et à ne pas en perdre de vue le sens. Il faut promouvoir une véritable hygiène de l’attention : des rythmes qui prévoient le silence, l’étude approfondie, la lecture, la confrontation mesurée ; sans ces éléments, la liberté intérieure risque d’être compromise. » (Léon XIV – Encyclique « Magnifique humanité » n°146)

Extrait de l’introduction de M. Philippe GERBEL, directeur diocésain de l’Enseignement catholique des Côtes d’Armor
Nous entrons ce matin dans une nouvelle année scolaire. Nous avons eu la joie de commencer cette journée par la messe. Je crois qu’il est important, au milieu de nos multiples actions, que Dieu soit le premier servi. A l’issue de l’eucharistie a eu lieu un autre moment fondateur de cette journée : l’envoi en mission des nouveaux chefs d’établissement ou de ceux qui changent de mission. Cela place bien l’annonce de l’Évangile au cœur et à la source de notre action.
J’en profite pour remercier chaleureusement notre évêque, Mgr Denis MOUTEL, pour sa présence non seulement à chaque rentrée de l’enseignement catholique, mais également au quotidien pour nous encourager, nous soutenir, nous aider à discerner.
Cette année nouvelle marque le début d’une transformation de notre Enseignement catholique des Côtes d’Armor. Il nous faut, en effet, adapter nos structures et notre gouvernance dans un contexte de baisse démographique sévère alors que la place, le rôle, la singularité de l’enseignement catholique sont parfois remis en cause par une partie de la société, sans doute minoritaires mais disposant de puissants relais politiques, administratifs, médiatiques… […] Transformer nos structures n’est pas une fin en soi. Transformer nos structures pour les faire survivre si elles n’ont pas d’âme n’a aucun intérêt. C’est pour cette raison qu’il ne nous faut jamais perdre de vue ce qui est essentiel dans nos missions. Nos structures, nos écoles n’ont aucune raison de survivre si elles n’annoncent pas l’Évangile, si elles ne sont pas missionnaires envers ceux qu’elles accueillent. […] Le deuxième aspect essentiel qui doit nous animer, c’est la qualité de notre enseignement et de nos projets éducatifs.

Éclairages de M. Guillaume PRÉVOST, secrétaire général de l’Enseignement catholique, sur les orientations nationales et les enjeux de cette nouvelle année scolaire
La période que nous vivons est une invitation à hiérarchiser les priorités, à ne pas se perdre parfois dans un activisme professionnel dans lequel tout le monde s’épuise fatalement, à un moment ou à un autre. Nous faisons tous face à des responsabilités de plus en plus grandes. […] Dans une société qui s’échauffe et qui perd parfois l’essentiel, une des premières manières de manifester notre espérance, c’est de rester disponible pour les personnes qui nous sont confiées.
Dans cette nouvelle année qui va s’ouvrir, les chantiers sont nombreux, les défis sont importants, les difficultés sont au rendez-vous… Avant toute chose, le premier signe d’espérance, c’est que tout ne repose pas sur moi, je ne suis pas l’alpha et l’oméga. Ne restons pas seuls, restons dans le dialogue, avançons sereinement. Dieu ne choisit pas les plus compétents, il rend les gens compétents.
J’aimerais vous parler de relation éducative. C’est un thème que nous avons beaucoup travaillé et un cap que nous souhaitons prendre collectivement. Dans ce monde, le plus important est de savoir qui nous sommes et ce que nous voulons faire. Rien n’est possible si nous ne nous appuyons pas d’abord sur cette conviction intérieure, personnelle et collective. Le cœur de notre projet est la relation éducative, c’est précisément ce qui est en danger aujourd’hui. […] Dans ce temps de confrontation, qui n’est pas le nôtre, ce qui est essentiel c’est de savoir où nous allons. Et là où nous allons, c’est la relation. La relation éducative est particulière car c’est une relation asymétrique. L’enfant, dans la relation éducative, est fragile parce qu’il a immensément besoin de l’adulte. Ce n’est pas une relation de rapport de force mais une relation de responsabilité. L’école catholique, c’est l’école de la relation. […] Nos difficultés de vie scolaire, de bientraitance à l’école ne sont probablement que le reflet de la dégradation des relations entre les adultes. Si les enfants se harcèlent, si les enfants sont violents y compris entre eux, c’est qu’ils miment, répètent les relations entre adultes telles qu’elles se présentent à eux. […] Le rôle de l’éducateur est d’être médiateur. Partout où la relation fait grandir et renforce la liberté, elle est éducative. Nous sommes des êtres de parole. Pour que cette parole puisse émerger, il faut qu’elle soit entendu.
L’Enseignement Catholique ancré dans son territoire
L’Enseignement privé catholique des Côtes d’Armor a souhaité, pour les années à venir, « promouvoir, à travers les enseignements, la relation à soi, aux autres, à l’environnement, à la spiritualité ». Cette orientation rappelle que si l’enseignement est une priorité, l’école est également un lieu de vie au sein duquel le jeune se construit. Pour cet adulte en devenir, l’école doit être un lieu d’apprentissage et de compréhension de sa relation au monde. L’école catholique entend également accompagner chaque jeune dans sa dimension spirituelle, au-delà de toute appartenance religieuse. L’Enseignement privé catholique est historiquement et traditionnellement très implanté en Bretagne, notamment en Côtes d’Armor. Cette capacité à s’adapter, se moderniser et repérer les nouvelles pratiques culturelles et sociales, fait aujourd’hui partie de l’ADN de l’Enseignement catholique costarmoricain.