Mère Yvonne-Aimée
Imaginez : une femme de 40 ans, supérieure d’un couvent en zone occupée, cache des résistants et des parachutistes alliés dans sa clinique pendant que les SS fouillent les couloirs. Un an plus tard, le général de Gaulle lui remet en personne la Légion d’honneur à Vannes. La même femme, depuis l’enfance, menait en secret une vie intérieure d’une intensité que peu de ceux qui la côtoyaient soupçonnaient. Elle s’appelait Yvonne Beauvais. Née le 16 juillet 1901 à Cossé-en-Champagne, en Mayenne, elle mourra le 3 février 1951, à 49 ans, d’une hémorragie cérébrale foudroyante à son bureau, en plein travail. Entre ces deux dates : une vie que ses contemporains n’ont cessé de trouver hors du commun, et que l’Église examine encore aujourd’hui.
Une jeunesse hors du commun
À 17 ans, elle court chaque jour dans les quartiers les plus défavorisés de Paris pour aider des familles en détresse. Elle étudie en Angleterre, joue de la musique, cuisine avec talent. Une vie pleine, concrète, ancrée dans le monde. En 1927, à 26 ans, elle entre au monastère des Augustines de Malestroit, en Bretagne. En 8 ans, elle construit une clinique médicale et chirurgicale moderne, assure la formation de dizaine de jeunes religieuses puis est élue supérieure de la communauté. En 1946 elle obtient de Rome la création de la toute première Fédération de monastères féminins, rassemblant 1500 religieuses des communautés d’Europe et d’Afrique.
Le Jour du Seigneur
En 1945, Charles de Gaulle se livre à un geste inédit : se découvrir devant une religieuse. Pourquoi une telle déférence ? La Mère Yvonne-Aimée de Malestroit est l’héroïne d’une histoire qui dépasse l’entendement. Découvrez l’histoire fascinante d’une âme consumée par l’amour, qui a sauvé des centaines de vies pendant la Seconde Guerre mondiale, accompli des miracles et dont le corps reste intact. Ce documentaire retrace l’incroyable vie de cette femme aux multiples talents, dont l’amour inconditionnel pour Dieu et les pauvres a été le moteur. Son combat continue à travers les témoignages de miracles et de grâces. Une vie entre ciel et terre qui continue d’inspirer des milliers de personnes, une histoire d’espoir, de courage et de foi profonde.
Aujourd’hui et demain
Un procès en béatification a été ouvert en 1957. Suspendu en 1960 par Rome dans des circonstances que l’exposition expliquera, il a été relancé depuis et est, à ce jour, à l’étude. Mère Yvonne-Aimée de Jésus est canoniquement reconnue comme Servante de Dieu — et non comme Vénérable, Bienheureuse ou Sainte. Cette précision n’est pas une réserve : elle est un fait que l’exposition assume pleinement, parce que l’honnêteté est la première forme de respect. 14 panneaux pour approcher une vie qui dérange, fascine, interroge — et peut-être, illumine.
Intitulée « Yvonne-Aimée de Malestroit », l’exposition est présentée à la chapelle Sainte-Eugénie de Plouha. Le vernissage aura lieu à l’issue du Pardon annuel de la chapelle, samedi 18 juillet (messe à 18h30). L’exposition comprend 14 panneaux, revenant sur sa vie active, sa vie spirituelle et son implication dans la Résistance. Il sera possible d’entendre sa voix, enregistrée par Léon Zitrone quelques mois avant sa mort. Cette exposition a été réalisée par l’association des Amis de la Chapelle Sainte-Eugénie de Plouha, avec la collaboration de la Communauté des Augustines de Malestroit.
Ouverture de l’exposition tous les vendredis de 17h à 19h jusqu’au 28 août 2026 et sur rendez-vous. Entrée libre.