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Retour sur l'assemblée diocésaine au Sanctuaire de Querrien (22)

Le samedi 21 mars dernier, s’est déroulée une assemblée diocésaine à l’invitation de Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, au Sanctuaire Notre-Dame de Toute Aide à Querrien (La Prénessaye). Cette journée avait pour thème : « Qu’est-ce que l’Esprit me dit et nous dit au travers des catéchumènes aujourd’hui ? » La journée a débuté par la célébration de l’eucharistie. Dans son homélie, Mgr Denis Moutel a rappelé aux participants de l’assemblée diocésaine qu’ils« ont été appelés et envoyés ».

Assemblée diocésaine à Querrien - Mars 2026

Extraits de l'homélie de notre évêque

« C’est dans l’eucharistie du Seigneur que nous nous laissons former et convertir dans l’amour du Christ Sauveur. Nous voulons écouter aujourd’hui ce que nous dit l’Esprit Saint. La présence nombreuse des catéchumènes nous interpelle, nous bouscule peut-être. Que nous disent-ils ? Qu’est-ce que l’Esprit Saint nous dit aujourd’hui pour la vie et pour la conversion de nos communautés ?

« Ils ne nous demandent pas des choses superficielles ou secondaires. Ils nous disent leur besoin de Salut, leur attente d’être aimés, relevés, réconciliés. Quelle est ma foi ? En qui avez-vous mis votre confiance ? Les équipes d’accompagnement font une large place au Christ, mort et ressuscité pour nous. Il nous faut continuer, bien sûr, ce témoignage avec l’ensemble des communautés chrétiennes.

« Je cite une personne qui m’a écrit ceci : ‘Avec mon âme en miettes, je suis maintenant porté par une communauté comme le paralytique que l’on conduit à Jésus’. Nous sommes cette communauté qui portons celles et ceux qui nous le demandent. Mais nous sommes aussi le paralytique que la liturgie de ce Carême porte. »

Introduction de la journée

Avant que l’assemblée diocésaine ne travaille et ne réfléchisse en tablées, le Père Philippe Le Chaffotec, vicaire général, a introduit la journée au terme de la célébration eucharistique.

« Au moment de la dernière assemblée diocésaine s’achevait le synode à Rome. Dans le document final, au n°82, il est dit : ‘Le discernement ecclésial n’est pas une technique d’organisation, mais une pratique spirituelle à vivre dans la foi.’ C’est ce que nous sommes invités à vivre au cours de cette journée. Ce n’est pas une technique d’organisation mais une pratique spirituelle à vivre dans la foi. [ Le discernement ] ‘requiert la liberté intérieure, l’humilité, la prière, la confiance réciproque, l’ouverture à la nouveauté et l’abandon à la volonté de Dieu. Il n’est jamais l’affirmation d’un point de vue personnel ou collectif, ni ne se résume à la simple somme des opinions individuelles ; chacun, parlant selon sa conscience, est ouvert à l’écoute de ce que d’autres partagent en conscience, afin de chercher ensemble à reconnaître ce que l’Esprit dit aux Églises (Ap 2, 7)’ – Document final du synode « Pour une Église synodale : communion, participation, mission »

« Aujourd’hui, ce n’est pas une journée sur le catéchuménat. Nous n’allons pas étudier le rituel de l’initiation chrétienne. L’objectif d’aujourd’hui est comment notre diocèse, nos communautés locales, chacun d’entre nous répond à la conversion à laquelle nous sommes appelés par ce phénomène, cet afflux presque inespéré de tant de catéchumènes. L’Esprit agit en eux puisqu’ils viennent nous voir. Mais l’Esprit agit-il encore en nous ? Et de quelle façon ? Des catéchumènes, il y en a partout en France. Nous n’avons pas particulièrement de mérite, nous ne faisons pas mieux que les autres. L’Esprit a fait son oeuvre dans leur coeur. A quel type d’Eglise sommes-nous appelés ? »

Réactions de participants

Aujourd’hui, plein de gens cherchent du sens dans leur vie. Catholiques ou non, nous sommes tous dans une certaine quête. Quand Jésus dit : ‘allons ailleurs’, je l’entends comme : ‘faisons autrement’. Il y a une nécessité de nous tenir proches des gens. Le sommes-nous assez ? Je m’interroge sur nos attitudes.

Nous avons longtmps compté sur nos propres forces, nous arrivons à un système à bout de souffle. L’Esprit Saint souffle où Il veut, on le voit avec les catéchumènes. Cela m’invite à beaucoup de joie, le Seigneur sait comment faire. C’est grâce aux catéchumènes et à l’Esprit Saint que nous repartons nous-mêmes à la recherche de Jésus. On ne peut pas trouver Jésus si nous ne sortons pas, si nous n’allons pas à la rencontre.

Un exemple concret pour la conversion de nos communautés : A Lamballe, des bénévoles ont une écharpe colorée et sont identifiés comme personnes d’accueil vers lesquels les nouveaux paroissiens peuvent se tourner. Des cafés sont organisés avant et après la messe, l’occasion d’échanger et de prendre des nouvelles. Ce n’est pas difficile à organiser : la paroisse apporte des thermos, des paroissiens du tilleul de leur jardin…

Nous avons à prier pour les catéchumènes, et nous avons à leur demander ce que nous pouvons faire pour eux. Nous avons à les écouter, les accompagner, leur tendre la main. Nous devons être des témoins à la façon de Jésus. Jésus accueille chacun là où il en est, avec ce qu’il est. C’est une question d’abandon. Que voulons-nous ? Ce n’est pas une question qui est réservée aux catéchumènes. Parfois, nous sommes un peu timorés, parfois nous n’osons pas.

Un exemple concret pour la conversion de nos communautés : Nous accueillons les WEMPS sur la communauté pastorale de Paimpol / Plouha. Du 20 au 22 mars à Pléhédel, du 17 au 19 avril à Plouha et du 23 au 25 mai à Paimpol. C’est une équipe d’étudiants et de jeunes actifs venus de toute la France pour permettre de vivre un temps-fort de mission paroissiale. En savoir plus : www.wemps.fr

Quand le lépreux va vers Jésus, il y a une démarche personnelle de confiance. Chaque transformation est un témoignage. Soyons attentifs à leurs questions sans plaquer une démarche. Il nous faut nous adapter et sortir des lieux habituels, tout en gardant comme objectif la richesse de ce qui nous fait vivre.

Des temps conviviaux à la fin de la messe permettraient de présenter les mouvements d’Eglise présents sur la paroisse. De nouvelles familles ne savent pas toujours à qui s’adresser pour inscrire leur enfant au scoutisme, par exemple.

Il est bon de rappeler aux catéchumènes que prier, c’est se mettre en présence de Dieu à tout moment de la journée, au travail, pendant les courses, en présence d’amis… Prier est un préalable aux actes. Prier, c’est rendre grâce. Jésus accueille chacun avec sa souffrance. On accueille des catéchumènes qui nous disent leurs douleurs, leur colère. Beaucoup nous disent que depuis qu’ils ont commencé leur chemin, ils sont apaisés.

Comment faire pour bien rejoindre les catéchumènes dans leurs questions, leur discernement, sans être trop intrusif ? Cela rejoint une démarche de confiance avec l’accompagnateur et avec le groupe. Les catéchumènes doivent se sentir libres. L’important est de s’adapter à eux,. Il suffit d’une remarque, d’une question pour partir sur des chemins inattendus très certainement souhaité par l’Esprit Saint.

L’Esprit est toujours à l’oeuvre. Il appelle personnellement chacun. Il appelle ailleurs que là où nous sommes, à l’extérieur de l’Eglise. A nous de nous mettre en mouvement, entendons les appels autour de nous. Nous sommes dans un monde en perte de sens. Que faire ? Nous ne pouvons pas évangéliser si nous ne sommes pas saisis de compassion. La démarche des catéchumènes nous remet en question.

Un prêtre avait demandé un jour à la messe : « Donnons-nous envie aux autres ? » Il y a des personnes qui ont une joie profonde qui donne envie de les suivre. Ce sont des gens qui ont décidé de se convertir et de mettre Dieu à la première place.

Propositions pour la conversion de nos communautés

  • – Il faut se rendre disponible pour « faire un pas de côté » afin d’accueillir les demandeurs très divers et s’asseoir « à côté d’eux » : les écouter et comprendre quelles sont leurs attentes.
  • – Le parcours est un cheminement à la suite du Christ, qui continue après le sacrement qui n’est pas linéaire. Il nous faut l’accepter. Nous cheminons comme eux dans la foi en Jésus Sauveur.
  • – Pour tout chrétien, Jésus-Christ « source et sommet de la foi » se vit dans une communauté avec ses richesses et ses pauvretés, ses forces et ses faiblesses.
  • – La responsabilité de la communauté chrétienne par rapport à l’accompagnement des catéchumènes pose la question de la solidarité de l’évangélisation d’un peuple de Dieu missionnaire, qui agit en lien avec le pasteur de la paroisse.
  • – Etre dans le faire nous fait oublier d’être avec Lui pour faire sa volonté. Prendre du recul nous permet de faire une relecture personnelle et collective pour rentrer dans une nouvelle dynamique de mouvement.
  • – Nous avons à témoigner de notre foi, à accueillir et à accompagner les catéchumènes tels qu’ils sont sans vouloir aller trop vite. Ils nous bousculent dans la joie.
  • – Pour pouvoir accueillir les catéchumènes dans la bienveillance, il faut que notre Eglise soit une communauté unie et ouverte, de paix et de joie.

Pour aller plus loin

Qu’est ce que le catéchuménat ? C’est le temps pendant lequel sont accompagnés vers les sacrements de l’initiation chrétienne celles et ceux qui désirent devenir chrétien. Ces sacrements sont au nombre de trois : le baptême, la confirmation et l’eucharistie. Au terme d’un chemin catéchuménal, la célébration de baptêmes d’adultes se fait à Pâques, lors de la Vigile pascale.

« À l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. » – Pape Benoît XVI

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