Inauguration de la cathédrale Saint-Etienne de Saint-Brieuc après travaux
Les officiels civils et religieux étaient présents ce mercredi 11 février 2026 à l’occasion de l’inauguration de la cathédrale Saint-Etienne de Saint-Brieuc après travaux. Ces derniers ont commencé par couper le ruban tricolore et découvrir la plaque faisant mémoire de la restauration de la cathédrale par l’Etat dans le cadre du plan de relance. Les invités furent ensuite nombreux à entrer dans l’édifice religieux pour un temps de prise de parole et de concert ; un concert de l’Orchestre d’harmonie de Saint-Brieuc et de la Manécanterie des Petits chanteurs de Saint-Brieuc. Ce temps fort fut clôturé par la célébration de l’eucharistie présidée par Mgr Denis Moutel.
Les photos de ce temps-fort
- – Ministère de la Culture / Les cathédrales
- – Service nationale de la Pastorale liturgique et sacramentelle / Art Sacré
- – Archives municipales de Saint-Brieuc / Cathédrale Saint-Etienne
Les prises de parole d'officiels
A travers vous Monsieur Le Préfet, je veux remercier l’Etat et tous ceux qui ont œuvré pour notre cathédrale. Après un programme de restauration impressionnant pendant plus de quinze ans, voici maintenant dans sa dernière étape un embellissement magnifique à l’intérieur et à l’extérieur, depuis mon arrivée comme évêque de Saint-Brieuc et Tréguier en 2010. J’en avais suivi toutes les étapes, pas à pas. Le diocèse de Saint-Brieuc correspond au département des Côtes d’Armor. Même si une cathédrale est connue du nom de la ville centre, elle est le lieu de rassemblement des catholiques de tout le département lors d’assemblées, comme la messe chrismale ou les ordinations.
Lieu affecté au culte catholique, elle est ouverte bien au-delà à tous. Cet esprit d’ouverture davantage encore, quand nous considérons l’implication de l’Etat tout au long des années. La cathédrale porte pour une bonne part l’histoire de notre cité comme un signe d’identification, comme un lieu refuge aussi et de protection à certaines époques, mais surtout un lieu de visite et d’accueil de tous. Quand des visiteurs passent dans une ville-préfecture, ils demandent toujours où est la cathédrale. Ici, ils découvrent sa dimension modeste, certes, mais aussi l’harmonie de ses proportions où chacun peut se reposer ou se recueillir. Personne n’est de trop, chacun et chacune peut y trouver sa place.
Je veux m’adresser enfin à la communauté catholique qui s’assemble ici, et aux chrétiens d’autres confessions qui viennent nous rejoindre pour l’événement, aux paroissiens de Saint-Brieuc et à tout le diocèse puisque nous sommes ici lors de grands rendez-vous diocésains. Soyons heureux d’habiter la cathédrale Saint-Etienne, c’est ce que nous avons fait lors de la grande année jubilaire 2025. De nombreuses personnes sont venues ici, des paroisses de tout le diocèse pour vivre cette démarche jubilaire. C’est un chemin de foi que propose en effet notre cathédrale. Regardons vers l’autel qui est le lieu central de toute église. Nos yeux se posent aussi sur la chapelle axiale si colorée, si belle. Et nos yeux se lèvent vers la voûte pour nous entrainer vers en-haut.
En entrant dans la cathédrale, chers frères et sœurs, nous avançons toujours vers le Christ ressuscité, vers son Royaume d’éternité pour tous ceux vers qui nous sommes envoyés et que nous voulons servir. Je tiens à saluer les responsables des confessions chrétiennes et d’autres cultes, merci pour votre présence aujourd’hui. Elle est signe de notre fraternité et de notre recherche d’unité.
Aujourd’hui, l’échafaudage s’efface et peut revenir le silence. Ce geste simple rend à la ville bien plus qu’une façade restaurée, il lui rend ce grand récit visible car une cathédrale n’est pas simplement un monument, c’est du temps passé, c’est une mémoire qui traverse les siècles, c’est une présence.
Aux origines, il y a une source et une légende. L’histoire de Saint-Brieuc commence avec les pierres. Elle commence, dit la tradition, quand un moine venu du Pays de Galles, Brieuc – ou Brioc – s’arrête ici près d’une source non loin. On raconte qu’il y fonde un oratoire, puis un monastère. Un petit groupe d’hommes réunis autour d’une foi et d’une eau claire, c’est une naissance presque mythique. Une ville qui nait d’un arrêt, d’un geste, d’une confiance et d’une conviction que l’on peut bâtir ici. Puis, viens l’organisation du territoire. Au IXème siècle, l’évêché est créé. Saint-Brieuc devient étape du Tro Breizh, ce grand pèlerinage qui relie les cités des saints fondateurs de Bretagne. Des générations de marcheurs passent ici. Ils viennent y chercher du sens, du silence et une protection peut-être. Et déjà la cathédrale, ou ce qui la précède, devient un repère.
La cathédrale Saint-Etienne, tel que nous la connaissons, commence alors petit à petit à s’élever. Elle est portée par l’élan des évêques bâtisseurs dans un style roman d’abord, puis gothique. Mais son histoire n’est pas paisible. Elle est incendiée, elle est prise dans les conflits de la guerre de succession de Bretagne et pourtant, à chaque fois, elle se relève. Sa silhouette dit de son histoire : deux tours massives presque austères, peu d’ornement, des murs épais, elle ressemble à une forteresse, qu’elle a été.
Ville ouverte sans véritables remparts, Saint-Brieuc a trouvé ici un refuge. La cathédrale fut lieu de prière mais aussi lieu de protection. A l’intérieur, les siècles dialoguent : piliers anciens, nefs remaniée, retable baroque, orgue majestueux. Chaque époque a laissé sa trace. Rien a été effacé. Tout a été ajouté. La cathédrale n’est pas figée, elle est une superposition de fidélités. Elle a même accueilli les Etats de Bretagne, ici débattaient des questions politiques et fiscales, preuve que ce lieu n’a jamais été isolé de la vie collective. Le lieu en est le centre.
Alors, qu’est-ce que nous fêtons aujourd’hui ? Bien sûr, des travaux aboutis, des façades consolidées, une mise en valeur, une intention renouvelée à l’accueil, à la sécurité et à l’accessibilité. Mais je crois que, plus profondément, nous célébrons un acte de transmission. Notre responsabilité est simple : veiller à ce que cette transmission continue. Cet après-midi, nous faisons exactement l’inverse de l’oubli. Nous affirmons que ce qui nous précède mérite notre soin.
Restaurer, c’est un travail d’humilité, c’est un travail souvent invisible pour que l’évidence redevienne naturelle. Grâce à vous toutes et tous, Saint-Etienne est pleinement là. Elle demeure une étape du Tro Breizh, elle demeure un phare au cœur de notre ville, elle demeure ce lieu où l’on peut rentrer, lever les yeux, se recueillir et juste écouter le silence. Une ville est grande lorsqu’elle sait d’où elle vient et qu’elle choisit de transmettre. Aujourd’hui, Saint-Brieuc raccroche ce maillon symbolique qui nous relie à la grande chaine de l’histoire de notre nation.
Monseigneur, merci de nous accueillir aujourd’hui dans cette cathédrale que nous nous partageons comme affectataire, et moi comme représentant du propriétaire. Je suis heureux d’être parmi vous pour cette inauguration qui marque la bonne réception des travaux de restauration de la cathédrale Saint-Etienne. Je suis d’autant plus heureux de représenter l’Etat aujourd’hui. Il s’agit d’un moment rare et prestigieux. Il n’y a que 160 cathédrales en France. Sauf erreur de ma part, la dernière inauguration d’une cathédrale restaurée s’est faite par le Président de la République en présence de nombreux invités venus du monde entier. Notre assemblée est sans doute moins internationale mais elle marque notre attachement vrai à un monument incontournable du paysage briochin, sur cette place du Général de Gaulle, qui rassemble la cathédrale, la mairie, le conseil départemental et la préfecture.
On pourrait s’étonner que l’Etat investisse 2,6 millions d’euros pour la rénovation d’un lieu de culte et qu’un préfet l’inaugure. Ce serait oublier que cette cathédrale est la propriété de l’Etat et que, si depuis le XIIIème siècle, elle est presque sans interruption un lieu de culte, elle demeure pour la population un monument que l’Etat conserve, comme il le fait pour beaucoup d’autres, que ces monuments soient religieux ou non. Je voudrais revenir sur le caractère rassembleur de ce monument. On constate que les Français aiment leur patrimoine, quelque soit leur âge, leur sexe, leur inclinaison politique ou religieuse. Cette adhésion va notamment aux monuments fédérateurs de leurs villes. Il me semble que c’est le cas pour ce patrimoine commun qu’est la cathédrale Saint-Etienne. Les briochins la voient tous les jours, s’y donnent rendez-vous devant, entendent sonner ses cloches. Ce monument se voit, se connait, marque les souvenirs. Qu’on le trouve beau ou pas, c’est un repère commun.
C’est notamment la grandeur de la République d’avoir su que le caractère commun et patrimonial des cathédrales était suffisamment important qu’on les entretienne et qu’on les restaure indépendamment de leur fonction liturgique. Ainsi, la cathédrale Saint-Etienne est devenu Monument historique en 1906. Chaque année, plus de 300 millions d’euros sont alloués aux Directions régionales aux affaires culturelles pour soutenir l’entretien et la rénovation des Monuments historiques en général. Dans notre département, cela permet de financer entre autre des projets de restauration tels que l’abbaye de Beauport, la chapelle Sainte-Suzanne de Guerlédan ou encore l’église Saint-Yves à Minihy-Tréguier. Dans la continuité de cette politique ancienne de conservation, il était donc du devoir de l’Etat de redonner à la cathédrale Saint-Etienne sa splendeur et de la rendre plus solide et sûre pour ses visiteurs.
Ces travaux ont nécessité une adaptation permanente de l’affectataire. Je remercie Mgr Denis Moutel et le Père Pierrick Jégonday pour leur présence active, leur disponibilité et leur engagement constant tout au long de ce chantier. Maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre et affectataire sont nécessaires pour un chantier réussi mais ils ne sont pas les seuls. La qualité de cette restauration est avant tout la marque du talent des entreprises et artisans qui ont effectué cette restauration, et se sont mobilisés. La diversité des corps de métier ne donne qu’une part de la complexité d’un tel chantier qui, de fait, aura duré plus de quinze ans. Les premiers travaux se sont concentrés sur l’extérieur du chevet, puis se sont étendus depuis les années 2010 à l’intérieur du monument qui a été ainsi entièrement restauré. Les travaux ont consisté en la réfection des parements et des voûtes. L’assainissement global de la cathédrale a permis de restituer des peintures murales et des décors de la chapelle axiale. La dernière phase des travaux a porté sur la restauration des façades extérieures visant à purger les joints ciments et à rejointoyer l’ensemble, à remplacer ponctuellement les pierres abîmées et à nettoyer les parements. D’autres travaux, plus discrets mais aussi cruciaux, ont été menés : remise aux normes électriques et mise à niveau du système de sécurité incendie. La principale difficulté aura été de régler durablement un problème récurrent d’humidité. Il s’agit d’une restauration exemplaire en méthode et dans son accomplissement.
Notre expertise française en matière de patrimoine est reconnue. Cette capacité à protéger et entretenir notre riche patrimoine explique probablement pourquoi la France reste le pays le plus visité du monde. C’est d’ailleurs souvent l’un des arguments qu’on avance pour justifier les dépenses en matière d’entretien et de restauration.
Homélie de Mgr Denis Moutel
La cathédrale est magnifiquement restaurée et nous rendons grâce. Elle porte notre histoire présente et passée. Elle est la mémoire vivante de l’œuvre de Dieu dans le monde, du travail des hommes. La cathédrale est signe de Dieu, demeure de Dieu parmi les hommes. En célébrant ce soir la liturgie de la dédicace, nous nous rappelons que cet édifice est destiné à un usage qui n’est pas celui du quotidien. C’est celui de notre quête spirituelle, de notre action de grâce, de notre participation à une unique offrande du Christ. C’est la demeure de Dieu parmi les hommes, une église faite pour assembler. […] Dans notre cathédrale, la présence du Seigneur ressuscité est signifié par l’autel. C’est vrai qu’on ne dépose rien sur l’autel : ni lunettes, ni manteaux, ni feuilles de chant. Le pain et le vin y sont apportés pour l’eucharistie. Ils sont, bien sûr, le signe du don total du Christ qui s’accomplit dans sa présence qui nous est donné en son corps et en son sang en communion chaque dimanche.
Notre cathédrale est un beau signe pour la mission de l’Eglise. Cette demeure de pierres annonce une autre demeure vers laquelle nous marchons : le Royaume de Dieu, notre avenir, la vie réconciliée qui est devant. Notre cathédrale est un signe et un appel qui nous dit ce que doit être profondément l’Eglise. Devenir de plus en plus un avec le Christ car il est la pierre angulaire. Comme Jésus le dit à l’apôtre : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon église. » Ici, nous écoutons la Parole de Dieu, ici nous célébrons les sacrements du baptême, de la confirmation, de l’eucharistie. […] Il y a une diversité de membres dans l’unique corps du Christ. Notre cathédrale est un appel à l’unité de tous ceux à qui l’unique pasteur donne sa vie, un signe pour que l’Eglise soit ouverte et envoyée. Un signe enfin de communion : il est heureux que la cathédrale soit ouverte à tous. Elle est le bien de tous. De nombreuses personnes peuvent venir pour admirer, méditer, se laisser conduire pour se relier à Dieu et aux autres.
Frères et sœurs, soyons heureux de notre cathédrale, soyons heureux de notre foi et de pouvoir la partager.

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