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Retour sur la récollection 2026 des laïcs en mission ecclésiale

Les 20 et 21 janvier 2026, les laïcs en mission ecclésiale du diocèse de Saint-Brieuc étaient invités à vivre une récollection annuelle au sein de la Congrégation de la Divine Providence, dont la Maison-mère est à Créhen, sur le thème « L’écologie intégrale : une question de relations ». Les laïcs en mission ecclésiale ont accueilli les curés sur la journée de mercredi, qui ont poursuivi avec les délégués pastoraux le 22 janvier. Fabien Revol, spécialiste de la théologie de la Création, était l’invité de ce temps de ressourcement.

Quelques photos de la récollection

Le besoin d'une conversion écologique

La matinée du mardi 20 janvier fut consacrée à un questionnement personnel et collectif, qui a suivi les participants tout au long de cette récollection : « Où en suis-je de ma vocation chrétienne au sein de la Création ? » Fabien Revol s’est appuyé sur le paragraphe 217 de l’encyclique Laudato si’ pour étayer son propos : « S’il est vrai que ‘les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus très grands’, la crise écologique est un appel à une profonde conversion intérieure. Mais nous devons aussi reconnaître que certains chrétiens, engagés et qui prient, ont l’habitude de se moquer des préoccupations pour l’environnement, avec l’excuse du réalisme et du pragmatisme. D’autres sont passifs, ils ne se décident pas à changer leurs habitudes et ils deviennent incohérents. Ils ont donc besoin d’une conversion écologique, qui implique de laisser jaillir toutes les conséquences de leur rencontre avec Jésus-Christ sur les relations avec le monde qui les entoure. Vivre la vocation de protecteurs de l’œuvre de Dieu est une part essentielle d’une existence vertueuse ; cela n’est pas quelque chose d’optionnel ni un aspect secondaire dans l’expérience chrétienne. »

Fabien Revol a souligné que « l’écologie intégrale ne se limitait pas à l’encyclique Laudato si’ », se félicitant cependant de la fibre écologique du Pape François. « Le premier signe annonciateur de ceci était le choix de son nom. Se mettre sous le patronage de saint François d’Assise, je me suis dit que c’était un bon présage. Choisir saint François d’Assise, c’est se mettre sous le patronage de la paix et de la Création ! » Ce dernier a rappelé que le Pape François fut le premier pape a dédié une encyclique sociale à l’écologie. « L’écologie intégrale, ce n’est pas un programme, c’est d’abord un cadre qui donne du sens à notre action. » Fabien Revol a appelé l’assemblée « à ne pas avoir peur d’être chrétien ». « Mettons en avant les sources chrétiennes qui nous motivent pour agir au profit de la Création. Appartenir à un peuple, c’est être inscrit dans une parole créatrice qui fonde ce peuple. »

Quatre enjeux pour un nouveau paradigme

  • – Lutter contre le paradigme ennemi, « technocratique » (Laudato si n°101) et « technoéconomique » (Laudato si n°203)
  • – Le paradigme de l’écologie intégrale unit la question sociale avec la question environnementale dans « la clameur de la terre et la clameur des pauvres » (Laudato si n°2 et 49)
  • – C’est un paradigme qui s’appuie sur une vision écologique du réel : « tout est lié » (Laudato si n°138)
  • – L’écologie intégrale fait de l’écologie un enjeu anthropologique, en référence à Saint François d’Assise (Laudato si n°10)

Lors de la deuxième journée de récollection, l’intervenant Fabien Revol a repris le thème général de cette session qui avait pour thème « L’écologie intégrale : une question de relations ». « Les relations concernent la vie chrétienne. Un écosystème, qu’est-ce que c’est ? C’est un réseau de relations entre vivants ! », a-t-il souligné. « Cet écosystème n’est efficace que si les êtres qui la composent sont en bonne santé. » Finalement, « le bien commun, c’est permettre à chacun d’arriver à la réalisation de soi-même. L’interdépendance est une notion écologique ! J’ai besoin de la contribution des autres pour être pleinement moi-même, et vice-versa. » Ainsi, « l’étude de l’écologie comme science est l’étude des relations » ; relations au nombre de quatre : la relation à Dieu, la relation à soi, la relation à Dieu et la relation aux créatures. « C’est saint François d’Assise qui a vécu le premier ces quatre relations de manière harmonieuse. Ces relations ne doivent pas être vécues de manière séparée », souligne Fabien Revol. « Si je manque de charité avec mon prochain, cela aura des conséquences de manière systémique sur les autres relations. » Ainsi, ce dernier a expliqué que « la relation à Dieu est primordiale et organise les autres, la relation aux autres comprend la relation aux plus pauvres, la relation aux créatures ne doit pas se réduire à une simple utilité pour les êtres humains, et la relation à soi relève de la dignité. Si nous ne réfléchissons pas aux conséquences de nos actes, nous risquons de nous essouffler. »

"Je nous vois comme un chapelet de relations"

Un temps de partage en tablée a permis aux uns et aux autres de s’exprimer sur l’enseignement de Fabien Revol. Pour le Père Pierre Bedfert, prêtre coopérateur pour les paroisses de Paimpol et de Plouha, « Dieu est Créateur et Il nous laisse la responsabilité de prendre soin de la Création, mais qu’en faisons-nous ? Je nous vois comme un chapelet de relations, nous avançons les uns avec les autres. Nous essayons de faire communauté dans l’unité. Alors, où en suis-je de ma vocation chrétienne au sein de la création ? Il s’agit d’aller au-devant des personnes qui sont en attente, qui se posent des questions. Tout ce à quoi le Pape François nous a ouvert nous appelle à vivre dans une Église extra-muros »

Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, était également présent durant cette récollection. Ce dernier a présidé l’eucharistie dans la chapelle de la Congrégation de la Divine Providence de Créhen. « Nous nous mettons à l’école de Christ Créateur pour lui demander la grâce d’être des disciples missionnaires, d’être de bons pasteurs pour le Peuple qui nous est confié. Durant ces deux jours, nous apprenons à voir, à choisir et à être en relation », a-t-il appelé dans son homélie. « En nous émerveillant des œuvres de Dieu, nous voulons reconnaitre l’artisan, l’auteur de tant de beautés. […] Apprendre à choisir Dieu ou l’argent, choisissez qui vous voulez servir. A quoi, à qui voulons-nous nous attacher vraiment ? A quoi, à qui accordons-nous de l’importance ? […] ‘Ne craignez-pas’, ‘n’ayez pas peur’, ce sont les premiers mots de Jésus ressuscité parce que la volonté de Dieu est bonne. Puisque nous sommes chez les Sœurs de la Divine Providence, nous pouvons en retrouver le sens profond : ne vous souciez pas. Commence et la Providence viendra à ton secours. »

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