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La sobriété, une invitation chrétienne ancrée dans la Bible

« Moins est plus », nous dit l’encyclique Laudato Si’ (§ 222). Curieux, non ? Pourtant la Bible foisonne d’invitations à une vie sobre et juste du croyant. « Le bonheur », nous dit encore l’encyclique de François, « requiert de savoir limiter certains besoins qui nous abrutissent, en nous rendant ainsi disponibles aux multiples possibilités qu’offre la vie » (§ 223). À l’occasion du carême, les paroissiens ont été invités à découvrir les racines bibliques de la sobriété et à débattre de cette question en petits groupes, le vendredi 6 mars, à 20h30, à la Maison paroissiale d’Yffiniac. Soirée gratuite animée par l’équipe Église Verte de la Baie.

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Article publié initialement et intégralité sur le site de la paroisse Notre-Dame de la Baie [ En savoir plus ]

« Moins est plus », nous dit l’encyclique Laudato Si’ (§ 222). Curieux, non ? Pourtant la Bible foisonne d’invitations à une vie sobre et juste du croyant. « Le bonheur », nous dit encore l’encyclique de François, « requiert de savoir limiter certains besoins qui nous abrutissent, en nous rendant ainsi disponibles aux multiples possibilités qu’offre la vie » (§ 223). À l’occasion du carême, les paroissiens ont été invités à découvrir les racines bibliques de la sobriété et à débattre de cette question en petits groupes, le vendredi 6 mars, à 20h30, à la Maison paroissiale d’Yffiniac. Soirée gratuite animée par l’équipe Église Verte de la Baie.

Puis Dominique a présenté la notion de la sobriété en lien avec la foi chrétienne, à partir d’une conférence de Loïc Lainé : « Aux racines chrétiennes de la sobriété ». Loïc Laîné (heureux les sobres, Salvator ed.) est diacre permanent, économiste et docteur en théologie. Il est membre du groupe « Écologie, paroles de chrétiens » du diocèse de Nantes. ll a écrit « Heureux les sobres : avec Laudato Si’ pour une éthique de la sobriété ».

Le mot sobriété est bien présent dans l’encyclique Laudato Si’= Loué sois-tu ! mais peu présent dans la Bible ! La raison est que ce mot vient du grec, et si la Bible a été traduite en grec, elle n’a pratiquement pas été écrite dans cette langue. Pourtant cette éthique de sobriété, ou disons de prudence et de modération, est omniprésente tout au long de l’Ancien et du Nouveau Testaments, des Actes des Apôtres, chez les Pères de l’Église et dans les encycliques.

La notion de sobriété

  • Au niveau individuel : la sobriété, ou « tempérance », une autolimitation volontaire, une condition de notre liberté individuelle et de notre indépendance
  • Au niveau collectif : « sufficiency » : un des moyens de garder une planète habitable

La sobriété dans l’Ancien Testament

Les trois premiers chapitres de la Genèse :

  1. Le premier récit de la Création (Gn 1, 1-2,4)
  2. Un Dieu de la non-puissance
  3. L’Homme, intendant de la Création

Un visage original de Dieu, un Dieu de la non-puissance : il garde de la distance. Ainsi, le septième jour, il se repose et laisse les rênes à l’homme pour poursuivre son œuvre : Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la Terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. » (Gn1, 27-28)

Un projet initial d’harmonie entre les éléments de sa Création : « et Dieu vit que cela était bon ». Un Dieu qui maîtrise sa toute-puissance, garde de la distance et délègue sa force créatrice aux créatures. « Pour créer le ciel et la terre, Dieu s’est aliéné déjà sa toute-puissance qui remplit tout, et a pris, en tant que créateur, figure d’esclave ». […] Alors que « cultiver » signifie labourer, défricher ou travailler, « garder » signifie protéger, sauvegarder, préserver, soigner, surveiller. Cela implique une relation de réciprocité responsable entre l’être humain et la nature. Finalement, dans la Genèse 1 comme dans Genèse 2, l’être humain se voit confier une maîtrise douce de la création, gérée par un intendant sobre.

La sobriété, une manière d’être disciples du Christ

« Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun. » (Ac 2, 44-45) Laudato si’ (Ls 222) nous propose d’apprécier profondément les choses sans être obsédé par la consommation, de jouir avec peu, un retour à la simplicité, sans nous attacher à ce que nous avons, ni nous attrister de ce que nous ne possédons pas. Selon Laudato si’ (Ls 223), on peut vivre intensément avec peu dans les rencontres fraternelles, dans le service, dans le contact avec la nature, dans la prière, en sachant limiter certains besoins qui nous abrutissent, en nous rendant ainsi disponibles aux multiples possibilités qu’offre la vie.

Alors, la sobriété est-elle « heureuse » ?

Oui, si elle est choisie, et non subie. Alors, elle apporte moins de pression sociale, plus de temps et plus de sens en se recentrant sur l’essentiel.

  • – Dans le domaine de la mobilité, on essaiera de privilégier le vélo ou les transports publics, de réduire les vols en avion et de mutualiser les véhicules.
  • – Concernant le logement, il serait bon d’habiter des surfaces adaptées aux besoins réels et de partager certains équipements.
  • – En matière de consommation, on choisira d’acheter moins de vêtements, de réparer plutôt que remplacer et de favoriser la seconde main.
  • – Pour se nourrir, on tentera de réduire la consommation de viande et de limiter le gaspillage alimentaire.

Trois groupes de six personnes ont échangé leurs réflexions à partir de trois questions :

  1. Qu’est-ce qui m’a touché, qu’est-ce que je retiens particulièrement ?
  2. Comment je vis (ou j’essaie) déjà de vivre cette sobriété dans ma vie quotidienne ?
  3. Qu’est-ce qui me paraît difficile, impossible, inacceptable ?
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